L’individu a indiqué qu’il avait tiré à deux reprises en direction de la police car, proche d’Orlan Mélon, (NDLR : un dealer qui a été enlevé avant d’être abattu dans le cadre d’un trafic de drogue) il pensait que des hommes venaient pour l’enlever à son domicile.
Des policiers du Groupe d’Interventions Spéciales (G.I.S.) de Namur ont été requis pour réaliser une intervention rue Axhelière à Huy, au domicile du suspect, dans le cadre d’un dossier relatif à des infractions aux lois sur les stupéfiants, celle sur les armes et le blanchiment.
L’équipe se trouvait près d’une fenêtre et de la porte d’entrée, dont ils devaient assurer l’ouverture, lorsque deux coups de feu ont été tirés. En effet, depuis le balcon intérieur, Adrian a tiré dans leur direction ! L’individu a réussi à tirer à deux reprises avant d’être interpellé tout comme sa famille.
Cause de justification
Les policiers ont saisi le pistolet avec chargeur engagé, une ogive de 9 mm et deux douilles percutées. Une autre ogive et plusieurs impacts ont été découverts dans la cage d’escalier. La police a saisi l’arme et des douilles.
Les inspecteurs ont également mis la main sur 164 928 euros, une voiture de luxe, ainsi que 80 grammes de cocaïne et du cannabis.
« Je voulais protéger ma famille », avait indiqué le prévenu. « En avril 2023, j’ai été victime d’un home invasion. J’ai été blessé par balles par des individus armés du milieu de la drogue. Depuis, j’ai donc dû acquérir une arme afin de dissuader dans un cas extrême des ravisseurs ».
Il a également évoqué le cas d’Orlan Mélon, un jeune homme enlevé le 24 janvier 2024 et dont le corps sans vie a été retrouvé dans un bois du Condroz Liégeois. « Des rumeurs indiquaient que j’étais le prochain. » L’homme a démenti toute intention homicide. « Je ne voulais tuer personne. Je voulais me défendre, protéger ma famille d’une nouvelle agression ».
Une analyse partagée par les magistrats. « Selon la doctrine en effet, l’individu est en droit de rester dans son domicile et d’opposer une résistance efficace envers quiconque tenterait de s’y introduire la nuit, s’il ne connaît pas les intentions de cet intrus », a indiqué la cour. « La légitime défense étant une cause objective de justification, elle efface la criminalité du fait accompli par celui qui se défend. »
Les policiers ont été déboutés. Le prévenu était défendu par Me Philippe Zevenne et Me Jérôme Waucaumont.