L’enquête de la RTBF évoque notamment des soupçons de comportements inappropriés visant le fondateur de l’établissement. Plusieurs témoignages d’anciens participants et de personnes ayant fréquenté le lieu y sont recueillis. Selon les informations révélées par la RTBF, deux nouvelles plaintes ont récemment été déposées auprès de la justice.
Une instruction judiciaire a été ouverte par le parquet de Marche-en-Famenne afin d’examiner ces accusations. La Fédération Wallonie-Bruxelles a également décidé de se constituer partie civile dans ce dossier. De son côté, la défense du fondateur conteste fermement les faits qui lui sont reprochés.
« Nous travaillons sur ce sujet depuis novembre »
« Ils demandent le report de la diffusion à la fin de l’enquête judiciaire, précise Justine Katz, rédactrice en chef et présentatrice du magazine #Investigation. Or, on sait que cela peut encore durer des mois. Le journaliste n’est pas censé attendre la fin d’une instruction pour pouvoir parler d’une affaire. Nous travaillons sur ce sujet depuis novembre de l’année dernière, et il y a eu beaucoup de pressions ces dernières semaines. Nous avons été attaqués mi-mars au Conseil de déontologie journalistique pour des publications qui datent du mois de janvier. Ils craignent que cette enquête nuise à leur institution. »
Pour Justine Katz, ces considérations ne doivent pas entrer en ligne de compte. « Nous travaillons dans le respect des règles déontologiques. C’est un sujet éminemment d’intérêt général. La liberté d’expression et le droit à l’information sont prioritaires. Après, s’il y a des griefs suite à la diffusion, nous sommes prêts à en discuter via les procédures prévues. Mais demander une interdiction en amont, c’est une tentative de censure. »
La RTBF et la direction de l’Information dénoncent cette action en justice qu’elles assimilent à une tentative de censure, portant atteinte à la liberté d’informer sur une question d’intérêt général liée à la protection des enfants.
Pourquoi une plainte au tribunal de l’entreprise ?
En 2024, un bureau d’huissiers (étude Leroy) avait déjà tenté de faire interdire un reportage du magazine Investigation consacré aux huissiers. L’avocat du plaignant avait saisi le tribunal de l’entreprise de Bruxelles, en invoquant le dénigrement commercial pour empêcher la diffusion.
La juge n’avait finalement pas interdit la diffusion, mais elle avait estimé que le tribunal de l’entreprise pouvait être compétent pour examiner une telle demande. Cela a ouvert une brèche dans laquelle l’avocat de l’institution qui est l’objet du reportage s’est engouffré.
Rappelons que la Belgique interdit la censure préalable de la presse (article 25 de la Constitution). La Belgique a d’ailleurs été condamnée en 2011 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH)- pour avoir permis l’interdiction d’un épisode du magazine Au nom de la loi qui était consacré aux risques médicaux et aux difficultés de communication entre médecins et patients.