Si on a déjà toutes entendu des théories
sur l’intelligence des enfants, la réalité est un peu plus
nuancée.

D’après plusieurs travaux
scientifiques relayés notamment par le média
Psychologies
, la question de l’origine
de l’intelligence chez l’enfant revient régulièrement sur
la table… Et elle n’est pas aussi simple que l’on pourrait le
croire. Si l’intelligence est bien le résultat d’un héritage des
deux parents, certaines recherches suggèrent une influence
particulièrement marquée du côté maternel,
notamment à cause de gènes liés aux capacités cognitives qui
seraient associés au chromosome X, transmis
majoritairement par la mère. Mais au-delà de la génétique, c’est
aussi tout l’environnement des premières années de
vie qui semble jouer un rôle clé dans le développement
intellectuel.

Une
étude sur plus de 1 000 enfants et des interactions observées dès
le plus jeune âge

Pour explorer concrètement la
question de l’intelligence chez l’enfant, les
chercheurs Curtis Dunkel, Dimitri van der Linden et Tetsuya
Kawamoto ont suivi un échantillon assez conséquent de
1 075 enfants, issus de milieux variés. L’objectif
était de comprendre si les interactions précoces entre la
mère et l’enfant pouvaient avoir un impact mesurable sur
le développement cognitif.

Pour cela, les familles ont été
observées à travers une activité semi-structurée appelée la
« tâche des 3 sacs », réalisée à trois étapes clés :
14 mois, 24 mois et 36 mois. Une période où
l’enfant évolue à une vitesse assez impressionnante, entre
découvertes constantes et premiers apprentissages un peu plus
construits. Pendant ces moments, les chercheurs se sont concentrés
sur plusieurs dimensions du comportement maternel : la
sensibilité face aux besoins de l’enfant, la stimulation cognitive
au quotidien, et la capacité à instaurer un climat
affectif stable et rassurant. En clair, tout ce qui
participe à créer un environnement où l’enfant peut évoluer
sereinement.

En parallèle, les capacités
cognitives des enfants ont été évaluées de manière
régulière jusqu’à l’âge de 10 ans, afin de suivre
leur trajectoire intellectuelle sur le long terme. Et ce qui
ressort, c’est une association assez cohérente : un soutien
maternel de qualité est lié à un développement cognitif plus
favorable. Dit simplement, lorsque la mère est présente de
façon attentive, encourageante et émotionnellement
stable, les performances intellectuelles ont tendance à
évoluer positivement. Rien de figé ou de mécanique, mais plutôt une
dynamique globale où l’environnement joue clairement un rôle de
terrain d’appui pour le développement de l’enfant.

Pourquoi l’influence maternelle semble si
déterminante dans les premières années

Si ces résultats attirent
autant l’attention, c’est parce qu’ils ne s’expliquent pas
uniquement par la génétique. Les chercheurs rappellent que certains
gènes impliqués dans les capacités cognitives seraient liés au
chromosome X, ce qui pourrait donner un rôle plus
visible à la transmission maternelle. Mais
surtout, c’est la période de la petite enfance qui apparaît comme
déterminante. À cet âge, le cerveau est en plein développement et
particulièrement sensible à l’environnement émotionnel et
éducatif.

Dans ce contexte, le comportement
maternel joue un rôle structurant : répondre de manière
adaptée aux besoins de l’enfant, encourager ses apprentissages, ou
encore instaurer un climat affectif stable contribue à nourrir ses
capacités cognitives. Cette stimulation précoce agit comme un socle
sur lequel l’intelligence se construit
progressivement. Les chercheurs précisent toutefois que
cet effet n’est pas figé dans le temps : il tend à
s’atténuer à l’âge adulte, lorsque d’autres facteurs comme
l’environnement social, l’éducation ou les expériences personnelles
prennent davantage de place dans le développement intellectuel.