Une affaire qui rebondit
Sur place, ce mercredi 8 avril vers 14 h 30, l’intervention visait initialement six chevaux. Quatre équidés ont finalement été saisis dans une pâture située à l’arrière d’une grand-route, dans un secteur relativement discret, le long d’une ancienne ligne vicinale aujourd’hui désaffectée.
Les animaux se trouvaient dans un état très préoccupant: ils ne disposaient pas d’eau, aucun point d’abreuvement n’étant fonctionnel, et ne semblaient pas davantage nourris. Abandonnés à eux-mêmes, ils ont nécessité une prise en charge immédiate.
Deux animaux étaient introuvables
« L’endroit n’était pas facile à repérer et il a fallu poursuivre les recherches pour localiser le cinquième cheval », explique Sophie Locatelli, responsable du refuge Rêve d’Aby. L’animal a finalement été retrouvé en fin d’après-midi dans une écurie du côté de Tohogne et saisi par précaution.
Le hameau de Tour, paisible et baigné de soleil, présente un visage bucolique. L’herbe y est déjà grasse, sauf dans cette petite pâture où évoluaient les chevaux.
Derrière cette apparente tranquillité, l’opération n’est pas passée inaperçue: les véhicules, dont deux vans tractés par des pick-up, et deux camionnettes du SPW, ont attiré les regards. « J’ai été impressionné par la descente et par la saisie des animaux », nous confie un témoin.
Une saisie sous tension
Le contexte de récidive et l’attitude jugée hostile des détenteurs ont rendu l’intervention délicate. Un inspecteur du SPW a notamment dû solliciter un riverain pour obtenir de l’eau, les chevaux étant assoiffés.
Selon les observations recueillies, les animaux pâturaient depuis peu. La discrétion restait toutefois de mise. « On se connaît tous, on observe, mais on reste discret », résume un couple de voisins, chacun préférant regarder dans son potager sans se mêler des affaires des autres.
Certains avaient remarqué la présence récente des chevaux, sans que l’alerte ne soit donnée, malgré l’état particulièrement préoccupant de l’un d’entre eux.
La pâture, d’environ 60 ares, semblait manifestement trop exiguë pour accueillir plusieurs chevaux, alors qu’un cheval nécessite en moyenne près d’un hectare pour se nourrir correctement. L’herbe y était rase, aucune arrivée d’eau disponible et la clôture électrique n’était pas alimentée.
Des poteaux abattus accentuaient encore les risques de blessure
Le terrain appartient à un habitant du quartier, Roger (prénom d’emprunt), retraité paisible, décrit comme un homme discret, attaché aux animaux.
Il élève quelques moutons et agneaux, apparemment en bon état, et aurait accepté récemment d’y accueillir des chevaux pour dépanner un tiers.
Il appartiendra désormais à l’administration wallonne, sous l’autorité du ministre Adrien Dolimont, de prendre les décisions consécutives à cette saisie et d’y apporter une réponse adéquate.
Au-delà des constats, une question demeure: comment expliquer que des animaux dotés d’une valeur économique puissent être ainsi négligés, indépendamment même du lien affectif que d’aucuns entretiendraient avec eux ?