Selon ce Baromètre immobilier de Fednot (Fédération du notariat), les transactions immobilières ont augmenté au 1er trimestre 2026 de 3,4 % par rapport à la même période de 2025, qui avait déjà été un trimestre de forte activité suite à la baisse des droits d’enregistrement en Wallonie (à 3 % pour l’achat d’une habitation propre et unique) et en Flandre (à 2 %).

Rattrapage à Bruxelles

Et la hausse des ventes pendant les 3 premiers mois de 2026 a été particulièrement marquée pour les appartements (+ 7,8 % par rapport à l’année dernière, contre + 1,9 % pour les maisons). « Les périodes d’incertitude, en particulier sur le plan international, ne semblent, pour l’instant, pas avoir globalement d’effet négatif marqué sur notre marché immobilier. Mais il faut quand même préciser que la hausse de l’activité du 1er trimestre 2026 a surtout été forte durant les mois de janvier et février 2026 et que le marché connaît une certaine tiédeur et s’est plutôt calmé en mars – après le déclenchement de la guerre en Iran, NdlR », souligne Renaud Grégoire, notaire à Wanze et porte-parole de Notaire.be.

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Il n’empêche : il y a longtemps que la Région bruxelloise, en particulier, n’avait plus connu une activité immobilière aussi intense (+ 6,1 % par rapport à la moyenne de 2025). Comment expliquer cette reprise ? « C’est sans doute la conjonction d’une série d’éléments, estime Renaud Grégoire. D’abord, un certain effet de rattrapage après une année 2025 durant laquelle l’activité immobilière avait été plus faible à Bruxelles qu’en Wallonie et en Flandre. Ensuite, l’arrivée d’un gouvernement bruxellois qui n’a peut-être pas créé l’euphorie mais a pu constituer quand même un élément de nature à rassurer les acheteurs. Enfin, l’ambiance sur les marchés financiers, la forte volatilité, ainsi que des changements comme l’introduction d’une taxe sur les plus-values en Belgique ont peut-être incité des investisseurs à se prémunir de certains chocs et à viser davantage le marché immobilier ».

guillement

« En Wallonie, nous sommes de retour à des prix qui n’augmentent pas plus vite que l’inflation. »

L’autre élément marquant de ce 1er trimestre 2026 est clairement le fait que les ventes d’appartements progressent beaucoup plus que celles des maisons. Notamment en Wallonie où les ventes de maisons – qui représentent généralement quelque 80 % des transactions – ont connu une légère baisse au 1er trimestre 2026 (-0,4 %) par rapport à la même période de 2025. « Cela peut aussi s’expliquer par plusieurs éléments. Notamment le fait qu’il n’y a quasiment plus de terrains à bâtir disponibles. Par ailleurs, construire sa maison est devenu très cher aujourd’hui et donc réservé à une certaine partie de la population. Et cela vaut aussi pour les prix de la rénovation, énergétique en particulier : entre un appartement de 90m² et une maison de 200 m², le coût de la rénovation n’est pas du tout le même et cela explique sans doute le fait que la part de marché des appartements devient de plus en plus importante avec le temps », indique le notaire de Wanze.

Plus de 600 000 euros pour une maison à Bruxelles

Au niveau des prix, signalons enfin que c’est à Bruxelles que celui des maisons a le plus grimpé au 1er trimestre 2026 (+ 4 % par rapport à la moyenne annuelle 2025, à 607 000 euros). Et que la hausse est moins marquée en Flandre (+ 2,9 %, à 396 000 euros environ) et en Wallonie (+ 1,6 % à 272 700 euros). « En Wallonie, nous sommes de retour à des prix qui n’augmentent pas plus vite que l’inflation, commente Renaud Grégoire. À Bruxelles, l’offre s’étant raffermie, les prix montent un peu plus rapidement ».

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Pour les appartements, c’est en Wallonie que la hausse de prix a été la plus marquée (+ 3,5 %, à 219 500 euros environ), devant Bruxelles (+ 2,0 %, à 302 700 euros) et la Flandre (+ 1,8 %, à 300 600 euros).