À 56 ans, Philippe Mazeau mène une double vie que beaucoup pourraient lui envier. Le jour, il évolue dans l’univers de haute technologie d’Airbus à Toulouse, mais dès que le temps le permet, c’est vers les sommets et les horizons lointains qu’il tourne son regard. Installé régulièrement dans son chalet de Bonascre, cet amoureux de la montagne cultive une passion dévorante pour l’image depuis l’adolescence. Tout commence à l’âge de 13 ans, lorsque ses parents lui offrent son premier reflex. Très vite, le jeune garçon ne se contente pas de déclencher, il s’immerge dans la création totale. « J’ai commencé à développer moi-même les photos en noir et blanc dans un petit labo », se souvient-il avec nostalgie, soulignant que cette envie de maîtriser l’image, de la prise de vue jusqu’au tirage final, ne l’a jamais quitté.
L’évolution technique, notamment le passage au numérique il y a vingt ans, a été un véritable catalyseur pour lui, lui permettant d’affiner sa technique lors de ses nombreuses randonnées. Pourtant, malgré des milliers de clichés accumulés au fil de ses voyages au Pérou ou en Écosse, Philippe restait discret, presque intimidé par son propre talent. « Ma famille me disait toujours « il faut que tu fasses une expo », mais moi je me disais : non, mes photos… il y en a plein qui en font des beaucoup mieux », confie-t-il avec une humilité touchante. Le destin de ses images a basculé l’été dernier lors d’une promenade dans les ruelles d’Ax-les-Thermes. Poussé par sa compagne Karine, Philippe franchit le seuil du « Lieu Production » et rencontre Quentin Delahaye, photographe et vidéaste professionnel. Entre l’amateur passionné et l’expert, le courant passe instantanément. Philippe cherche alors un regard sans complaisance : « Je ne veux pas que tu me dises qu’elles sont bien, je veux que tu me dises : est-ce qu’un jour je peux faire une expo avec ces photos ? ». Le verdict de Quentin est sans appel et il propose d’ouvrir sa galerie pour une exposition de trois semaines.
Capturer l’âme du monde, des sommets à l’humain
Cette première exposition a mis en lumière un périple d’exception réalisé en 2018 : le trek des trois cols au Népal. Durant 17 jours de marche à plus de 5 000 mètres d’altitude, Philippe a capturé l’immensité de l’Everest et la rudesse sublime des paysages himalayens. Sur les 1 500 photos ramenées, 23 ont été sélectionnées pour orner les murs de la galerie. Si l’exposition fait la part belle aux paysages pour résonner avec la culture montagnarde des visiteurs axéens, l’âme du travail de Philippe Mazeau réside avant tout dans l’humain. « Ce que je recherche, c’est l’émotion qui ressort », explique-t-il, évoquant son besoin viscéral d’immortaliser un instant de vie, qu’il s’agisse d’enfants jouant aux billes au Pérou ou de l’effervescence d’un marché en Inde.
Le succès de cet événement et les échanges riches avec le public ont agi comme un déclic pour le photographe. Malgré le stress du vernissage et l’appréhension de soumettre son regard au jugement d’autrui, Philippe Mazeau sort grandi de cette expérience collaborative. Le travail sur le cadrage et le choix des papiers réalisé avec Quentin Delahaye a apporté une dimension professionnelle à sa pratique amateur, prouvant que la passion, lorsqu’elle rencontre l’expertise, peut faire des étincelles.
Pour découvrir l’univers de l’artiste : rendez-vous sur Instagram sous le pseudonyme @philmazphoto ou sur son blog philmazphoto.myportfolio.com.