Le système a d’ailleurs fait ses preuves puisque Pauline Ferrand-Prévot a remporté l’édition féminine de l’Enfer du Nord l’an dernier. Quelques mois plus tôt, c’est grâce à Gravaa que Marianne Vos aurait battu au sprint Lotte Kopecky à l’occasion du Mondial de gravel.

Un bouton de chaque côté du guidon et un câble jusqu’au pneu pour changer la pression des pneus en roulant. ©PhotonewsInterdiction pour cause de… faillite
Il semblait donc acquis que l’équipe néerlandaise réutilise le système cette année sur Paris-Roubaix… sauf que l’UCI vient de l’interdire. C’est ce qu’a révélé le Head of Performance et entraîneur de Wout van Aert, Mathieu Heijboer au podcast « In De Waaier » : « Il y a deux semaines, nous avons reçu une lettre nous informant que le système serait interdit jusqu’à la fin de la saison ».
L’UCI s’appuie ainsi sur son propre règlement : chaque produit ou équipement utilisé en course doit pouvoir être accessible au grand public. Sauf que la société derrière le système Gravaa a fait faillite en début d’année, ce qui laisse planer le doute sur sa disponibilité dans le commerce. Du moins selon l’instance internationale.
« Nous n’allons pas prendre le risque »
Mais pour Heijboer, le problème est un peu plus complexe car l’entreprise aurait repris ses activités et le produit peut à nouveau être commandé. « C’est une histoire un peu floue », accorde-t-il, précisant que lors du GP de Denain, disputé le 19 mars dernier, l’équipe Visma | Lease a Bike avait pu utiliser le système Gravaa. « Ce n’est naturellement pas un hasard (si l’interdiction intervient quelques jours avant Paris-Roubaix, NdlR) », s’est plaint Heijboer. « La sanction (en cas d’utilisation, NdlR) peut aller d’un simple avertissement jusqu’à la disqualification donc nous n’allons pas prendre le risque ».
Et Heijboer de conclure : « Est-ce que cela diminue les chances de Wout van Aert de gagner Paris-Roubaix ? Oui. »