« Une cellule surpeuplée et nauséabonde »

Quelques heures plus tard, il est arrêté par les autorités locales. Accusé de « cybercrimes » pour avoir partagé cette photo, l’homme, résident de Dubai, risque jusqu’à deux ans de prison et 47 000 euros d’amendes. « Il est détenu dans une cellule surpeuplée et nauséabonde depuis plus de vingt jours », insiste le Daily Mail.

Le média le précise : le cas du steward est loin d’être isolé. Quelque 70 Britanniques seraient actuellement incarcérés aux Émirats arabes unis, faisant l’objet de graves accusations de « cybercrimes » « liés à la prise de photos, à la réalisation de vidéos ou au partage d’images de frappes de drones ou de missiles ».

Des actes qui, comme le rappellent les autorités locales, sont passibles de prison et de fortes amendes aux émirats.

Un « climat de peur »

Un vacancier londonien de 60 ans, également détenu à Dubaï, l’a appris à des dépens après avoir pris une photo, il y a quelques jours, d’une frappe aérienne, comme le rapportent plusieurs médias anglo-saxons. Et ce même s’il avait immédiatement supprimé cette image à la demande d’un policier dans la rue.

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Le Daily Mail parle d’un véritable « climat de peur » régnant au sein des expatriés vivant aux Émirats arabes unis. Chaque « clic » peut être fatal. « Il y a d’innombrables images, vidéos et reportages qui circulent en ligne au sujet du conflit, explique ainsi Radha Stirling, la patronne de Detained in Dubai, une organisation aidant les personnes arrêtées aux Émirats arabes unis. On peut comprendre que les gens pensent que si quelque chose est déjà largement partagé ou publié par les médias, ils peuvent le commenter ou le republier. Aux Émirats arabes unis, cette supposition peut s’avérer extrêmement dangereuse ».

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Selon l’organisation, « au moins » 160 personnes seraient actuellement détenues aux émirats pour de tels « crimes ». » La plupart des avocats ne veulent pas se charger de ces affaires, car dès qu’il s’agit de sécurité nationale, ils n’ont plus accès aux dossiers et n’aiment pas se salir les mains » , poursuit Mme Serling, interrogée par le Daily Mail. « Et les avocats qui acceptent de s’en charger facturent des montants exorbitants, trois ou quatre fois leurs tarifs habituels ».

Certains influenceurs s’en sont tirés avec une simple réprimande pour avoir publié des images de drones ou de missiles, tandis que les gens ordinaires se retrouvent en prison ».

D’après la juriste, beaucoup d’expatriés « découvrent la réalité de Dubaï ». « J’ai l’impression que beaucoup de gens ont pris conscience qu’ils vivent en réalité dans un État arabe autoritaire, avec des lois et des normes très différentes de celles du Royaume-Uni ou de pays occidentaux, et cela les inquiète ».

Elle dénonce enfin des lois appliquées « de manière très arbitraire ». « Certains influenceurs s’en sont tirés avec une simple réprimande pour avoir publié des images de drones ou de missiles, tandis que les gens ordinaires se retrouvent en prison ».