« Je reconnais avoir posé ces gestes déplacés et que je ne devais pas avoir. Mais j’étais moi-même en situation très vulnérable le jour des faits. Je suis atteint de bipolarité et je n’avais pas pris mes médicaments ce jour-là », explique le prévenu.
Son avocate, Me Elise Sablon, précise que le médecin, qui avait été de garde déjà la nuit, a accepté de rempiler pour une garde de journée. Il était épuisé, n’avait pas pris ses médicaments régulant sa bipolarité… Et le double incident est survenu.
Pour la défense, Me Elise Sablon demande l’acquittement de son client sur base de l’article 71 du Code pénal. Celui-ci dispose qu' »il n’y a pas d’infraction lorsque le prévenu ou l’accusé était en état de démence au moment des faits (trouble mental abolissant son discernement). » C’est une cause d’exemption de peine qui reconnaît l’irresponsabilité pénale.
Se basant aussi sur un rapport de l’expert psychiatrique et un autre du Centre de santé mentale, l’avocate estime que sans sa médication et épuisé, le médecin avait un trouble mental au moment des faits qui le rendait irresponsable de ses actes.
Pour le parquet, Anne-Charlotte Carlier, souscrit à cette « altération de la capacité du discernement du prévenu en 2023 », mais au niveau de la procédure, assure-t-elle, on s’orienterait dès lors vers un jugement d’internement.
« À vrai dire, je ne veux pas d’internement pour ce prévenu, mais ce sera à la chambre sociale du tribunal d’application des peines, sur base des rapports d’expertise médicale, à se prononcer sur le sort de Monsieur », avance le parquet.
Le jugement sera prononcé le 21 mai.