Et si votre salon pouvait marier un buffet des années 1950, une
chaise 1900 et une suspension graphique sans jamais sembler déguisé
? Derrière cette alchimie se cache Rachael
Gowdridge, décoratrice londonienne sacrée lauréate
Next in Design 2025. Formée dans les plus grands studios,
elle s’est imposée en quelques années comme une voix forte de
l’héritage réinventé. Son obsession : des intérieurs superposés,
chaleureux et discrets, que l’on a l’impression d’avoir toujours
connus.

Le programme Next in Design, lancé par le magazine Homes and
Gardens, repère chaque année vingt-cinq talents ayant créé leur
studio depuis moins de cinq ans. Concours ouvert, jury d’experts,
accompagnement éditorial et mentoring pendant un an : c’est un
véritable tremplin vers les grands projets. Si Rachael Gowdridge
s’y distingue, c’est pour sa façon personnelle de laisser parler
l’architecture tout en faisant se répondre mobilier vintage et
touches contemporaines.

Le parcours de Rachael Gowdridge, du luxe londonien à Next in
Design 2025

Au sortir de ses études, Rachael Gowdridge a affûté son regard
chez David Collins Studio, où elle apprend à scruter chaque
millimètre d’un projet. Elle rejoint ensuite Martin Brudnizki
Design Studio, référence mondiale de l’hôtellerie haut de gamme,
où, dit-elle, « chaque galon et chaque abat-jour était soigneusement
considéré », raconte-t-elle à Homes and Gardens. Là, elle développe
aussi une expertise pointue du mobilier sur mesure : « Vous apprenez
tout sur les dimensions, le rembourrage et les fondamentaux de ce
qui rend le mobilier fonctionnel. Il n’y a rien de pire qu’une
table qui est à la mauvaise hauteur. »

Chez Ennismore International, elle signe ensuite des projets
pour The Hoxton Hotels ou Gleneagles, où l’esthétique doit résister
à un usage intensif. Cette immersion dans l’hôtellerie lui montre
comment équilibrer beauté et praticité, même dans les espaces les
plus fréquentés. En 2021, elle fonde son propre studio, avec la
volonté de créer des intérieurs superposés, intemporels et
expressifs qui mélangent mobilier d’époque, matières tactiles et
couleurs assumées, tout en restant profondément accueillants pour
ceux qui y vivent au quotidien.

Un style qui mélange les époques avec naturel

À la tête de sa pratique, Rachael Gowdridge revendique un style
qui refuse les cases. « Je n’aime pas que les choses semblent trop
modernes ou trop traditionnelles », explique-t-elle. Son secret
tient dans des dialogues subtils : « En combinant un buffet des
années 1950 avec une chaise des années 1900, cela semble intemporel
plutôt que forcé, comme si cela s’était réuni naturellement et
pouvait évoluer au fil des ans. » Les pièces vintage occupent une
place centrale, choisies autant pour leur singularité que pour les
essences de bois ou les métaux rares que l’on trouve difficilement
aujourd’hui.

Dans chacun de ses projets, de l’hôtel The Dean à Berlin à la
transformation des anciennes toilettes victoriennes de The Netty à
Oxford en suites intimistes, elle laisse le bâtiment lui souffler
la réponse. Proportions, moulures, pavés de verre, patine des
matériaux guident la palette et les formes du mobilier. Ce regard
d’archéologue sensible, allié à une palette de rouges, de verts ou
de roses audacieuses, a séduit le jury de Next in Design 2025, qui
y voit une manière contemporaine de faire vivre le patrimoine sans
le figer.

Trois règles de Rachael Gowdridge pour
votre déco

Rachael commence toujours par le lieu. Elle regarde proportions,
ouvertures, détails existants. Les nouveaux meubles prolongent
cette base, sans l’écraser.

Elle mélange ensuite les époques par les matières, pas au
hasard. Bois chauds, laiton, tissus texturés dialoguent avec des
formes plus épurées. Chaque pièce doit raconter quelque chose
plutôt qu’ajouter du désordre.