Un tacle glissé envers le gouvernement wallon ? On ne peut pas lui donner tort : à la fin de l’année dernière, on comptait 22.310 stations de recharges électriques – chacune pouvant disposer de plusieurs prises – contre seulement 3.700 au sud du pays.
Véhicules électriques: le marché pour 3.400 bornes lentes concrétisé « tout prochainement »
Un désert wallon qui résulte d’un manque d’investissement sous l’ancienne législature. « Mon prédécesseur Philippe Henry (Ecolo) avait mis au point un plan de subvention de l’implantation de bornes électriques pour faire un maillage du territoire wallon mais l’inspection des finances avait recalé le projet, commente le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés). Quand j’ai repris la compétence, tout était au point mort. »
Immédiatement, le ministre s’est penché sur le problème. « Il n’est plus question de subsidier les entreprises pour les inviter à installer des bornes mais bien d’organiser les choses. Je me suis notamment inspiré de ce que faisait la Flandre. »
La 100.000e prise de recharge publique pour voiture électrique a été inaugurée: la Wallonie au ralenti alors que les autres régions accélèrent (CARTE)3.300 nouveaux points de charge en Wallonie
Un système de concession a été imaginé : les équipes du ministre, en partenariat avec le SPW et 245 communes wallonnes (16 n’ont pas répondu à l’appel !), ont identifié 1.650 sites sur lesquels des bornes publiques pourront être installées : des parkings de délestage ou en rues, principalement. Pour un total de 3.300 points de charge. Soit près de 44 % de plus que ce qui existe actuellement au sud du pays.
Objectif : permettre aux automobilistes qui n’ont pas de borne chez eux de pouvoir recharger près de chez eux. Ce qui pourrait permettre d’augmenter l’électrification du parc automobile wallon, de le décarboner et d’être moins dépendant des énergies fossiles. « Ces nouvelles bornes viendront en complément de ce qui existe déjà et permettront de créer un maillage de bornes de recharge électriques sur le territoire wallon, y compris dans les zones qui seraient, a priori, moins intéressantes (NDLR : les zones rurales peu habitées) pour les grands groupes. »
Il s’agit de bornes de recharges dites lentes (11 kw par prise) essentiellement destinées aux recharges durant la nuit ou, par exemple, quand on visite la famille, des amis ou un site touristique. Pas de superchargeurs comme sur les autoroutes, donc.
L’entreprise Electric Mobility Infrastructure, filiale d’Engie, vient de remporter la concession. « Il fallait un concessionnaire unique pour atteindre le seuil d’activité minimum pour que cela soit suffisamment intéressant (NDLR : rentable, donc) pour les entreprises. »
100% des bornes doivent être installées d’ici 2028
Le concessionnaire devra avoir installé 50 % des bornes d’ici le printemps 2027 et le reste d’ici le printemps 2028. « La concession portera ensuite jusqu’au printemps 2038. Le marché prévoit le déploiement d’au moins 95 % des sites identifiés, avec une attention particulière portée au maillage de l’ensemble du territoire, y compris dans les zones rurales. »
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Particularité du système : aucun subside public n’est prévu, l’opérateur privé assumant les coûts et se rémunérant via la recharge. Quant aux prix pratiqués, il se situera autour de 48 centimes au kwh alors que l’offre disponible aujourd’hui en Wallonie varie entre 30 et 60 centimes par kWh.