Ces propos font écho à ceux de Donald Trump qui, peu après avoir annoncé sur les réseaux sociaux un cessez-le-feu de deux semaines, a affirmé à l’AFP que la Chine avait joué un rôle clé pour amener l’Iran à la table des négociations.

Le Premier ministre pakistanais s’est imposé en artisan du cessez-le-feu

Lors des pourparlers que le Pakistan se prépare à accueillir, Islamabad, qui entretient des liens historiques avec son voisin iranien, et dont les dirigeants ont des relations étroites avec Donald Trump, doit faciliter les échanges entre les deux parties.

« Le Pakistan a constitué une équipe d’experts pour accompagner les deux parties dans les négociations, sur les questions de navigation maritime, de nucléaire et d’autres sujets », a expliqué une deuxième source diplomatique, également sous couvert d’anonymat.

Mais, selon cette source et plusieurs experts et anciens responsables, même si le Pakistan met en place le cadre des pourparlers, la Chine est appelée à jouer un rôle central.

« Le pire cauchemar pour les Israéliens, c’est justement qu’il y a un accord avec l’Iran »« L’Iran veut un garant »

« Il a été demandé à la Chine d’être garante. L’Iran veut un garant », a précisé la source diplomatique, selon qui la Chine est « la mieux placée » pour ce rôle.

Toujours selon cette source, l’alternative aurait été la Russie qui, en pleine guerre en Ukraine, n’aurait jamais été acceptée par les Occidentaux, principalement l’Union européenne.

La Chine a des relations étroites à la fois avec Islamabad et Téhéran. Principal partenaire commercial de l’Iran sanctionné par les Occidentaux, elle a aussi lourdement investi dans des projets d’infrastructures au Pakistan.

« En tant que partenaires proches et voisins, le Pakistan et la Chine ont coordonné étroitement leurs efforts dès le premier jour pour mettre fin aux hostilités », a déclaré Mushahid Hussain Sayed, ancien sénateur pakistanais et président des commissions de défense et des affaires étrangères de la chambre haute.

« Le rôle de la Chine restera indispensable pour conclure tout accord de paix final en tant que garant ultime, vu que l’Iran ne fait pas confiance au duo Trump-Netanyahu« , a-t-il ajouté.

La Chine a déclaré soutenir les efforts de médiation du Pakistan. Elle s’est, parallèlement, impliquée dans les tentatives de résolution du conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan, en accueillant à Urumqi des représentants du gouvernement taliban afghan et des responsables pakistanais après plusieurs semaines de combats.

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La Chine a également, avec la Russie, opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la réouverture du détroit stratégique d’Ormuz, verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre. Une position probablement bien accueillie à Téhéran.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a eu 26 entretiens téléphoniques avec ses homologues des pays concernés, tandis que l’envoyé spécial de Pékin pour le Moyen-Orient « multipliait les allers-retours » dans la région dévastée par la guerre, a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Mais la Chine a évité de se placer publiquement au premier plan des efforts de paix, et certains observateurs estiment que l’ampleur de son engagement formel reste incertaine.

« Ils ont leur propres considérations, ils ne veulent pas être entraînés dans le conflit » publiquement, a estimé la seconde source diplomatique.

Un point de blocage majeur est le Liban, que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et l’Iran souhaitent inclure dans le cessez-le-feu.

Après les frappes meurtrières menées par Israël – que le Pakistan ne reconnaît pas officiellement – au Liban mercredi, les Etats-Unis ont dit qu’ils organiseraient séparément à Washington des discussions entre responsables israéliens et libanais la semaine prochaine.

« Les négociations sont très complexes, sensibles », a conclu la source, selon qui « toutes les parties devront consentir à des compromis et concessions douloureux ».

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