« Le projet bien qu’il permette la reconversion d’une friche ne rencontrait pas les objectifs du Schéma de développement du territoire (SDT), en contribuant à l’artificialisation de nouvelles terres, à l’étalement urbain et à un déséquilibre commercial au détriment des centralités urbaines. L’analyse a mis en évidence une forte dépendance à la voiture, des impacts négatifs sur la mobilité et une prise en compte insuffisante des modes de déplacement actifs (piétons et cyclistes). Enfin, la zone de secours a rendu un avis défavorable. »
Pour rappel, le projet se situe sur une surface totale de 30 000 m², entre la rue des Français, la rue de l’Arbre-Courte-Joie, la rue du Commerce et la rue du Zoning. Le projet immobilier prévoit quatre catégories de bâtiments. Tout d’abord, un hall omnisports de 1 000 m² destiné à accueillir des clubs sportifs, mais aussi de nouveaux commerces et services, ainsi que des espaces de bureaux pour permettre à des entreprises de s’y installer. Un pôle de restauration est également envisagé.
Un « non » de la Ville de Liège et du fonctionnaire délégué
Ce projet avait pour objectif de redynamiser ce chancre, souvent la cible de dépôts clandestins depuis plusieurs années. Toutefois, l’annonce du départ de Cora du Shopping de Rocourt, situé à quelques rues de là, avait suscité plusieurs oppositions, notamment de la Ville de Liège, face à ce projet qui aurait « concurrencé » l’autre centre commercial déjà apte à accueillir ce type d’activités.
Un avis négatif partagé par le fonctionnaire délégué, qui soulignait le manque d’infrastructures de mobilité douce, la présence de projets similaires à proximité, l’incidence de la salle de spectacle sur les habitations voisines, ou encore l’existence de chancres non réhabilités sur le territoire, qui permettraient d’utiliser des sols déjà bétonnés.
L’annonce du rejet du recours réjouit Veronica Cremasco, députée wallonne ECOLO : « Et un centre commercial stoppé. Vive le commerce local et la réhabilitation des cellules vides, dans la côte d’Ans, rue de la Station, ainsi que sur ce qu’il reste des sites du Cora et du Makro. »
Plus de 500 réclamations citoyennes : le projet Ans Park sous le feu des critiques« une forme de frustration »
Des réjouissances qui ne sont, en revanche, pas vraiment partagées par la Ville d’Ans. « C’est une forme de frustration pour la Ville puisqu’il s’agit d’un chancre avec des espaces vides propices au squat et aux dépôts clandestins », réagit Grégory Philippin.
« C’est une grande déception de voir ce projet qui va peut-être devoir être abandonné. Il y a possibilité d’émettre un recours au Conseil d’État mais cela dépendra des promoteurs. »