Le musée d’art Hyacinthe-Rigaud de Perpignan accueille du 27 juin au 31 décembre 2026 une exposition consacrée à l’artiste catalan Joan Miró et intitulée « Majorque, l’atelier des rêves ».
C’est une première pour le musée d’art Hyacinthe-Rigaud. L’établissement culturel accueillera pendant six mois une exposition de Joan Miró, « Majorque, l’atelier des rêves », mettant en avant le parcours de l’artiste catalan. Toiles, sculptures, céramiques… Une centaine d’œuvres, issues notamment des collections de la Fondation Pilar et Joan Miró de Majorque, prendront place au cœur du musée sur un espace de 400 m².

Joan Miró. Josep Llorens Artigas (1982-190), vase, grès, 1941, 30 x 25 cm. Paris, Larcok Collection
L’Indépendant – Successió Miró, 2026 /Musée d’art Hyacinthe Rigaud / P.Marchesan / ADAGP 2026
« Cette exposition s’inscrit dans le cadre du jumelage des villes de Perpignan et de Palma de Majorque, qui a été signé en 2024. Nous avions rencontré à ce moment-là une délégation majorquine et nous avions envisagé cette exposition. On avait déjà programmé Maillol-Picasso et Dalí donc c’était l’idéal d’avoir ce fil conducteur, que le public puisse suivre, et qui mette l’accent sur ce trio incroyable qu’on peut considérer catalan. Une triade qui naît en Catalogne et qui va marquer l’histoire de l’art mondial », explique Pascale Picard, directrice et conservatrice du musée Rigaud, exprimant aussi la volonté d’affirmer l’importance des échanges artistiques transfrontaliers.
Sa peinture va devenir très physique
« Majorque, l’atelier des rêves » dévoilera donc la période d’installation de Joan Miró à Majorque en 1956. « L’idée, c’était de montrer la nouvelle page blanche qui s’ouvre à ce moment de sa vie », précise la conservatrice. Un changement qui va de pair avec la création de son atelier « dont il avait toujours rêvé » et qui est un des points forts du parcours de la Fondation de Palma, « puisque l’atelier est resté en place, un petit peu tel qu’il l’a laissé à sa mort ». Ses instruments, outils, pots, palette de peinture et autres objets d’art populaire ont été conservés et seront exposés à Rigaud.

Joan Miró. Femme, oiseaux et une étoile, édition Maeght, lithographie d’après la peinture conservée à New York (Metropolitan Museum of Art, 1949). 64,5 x 47 cm. Perpignan, musée d’art Hyacinthe Rigaud
L’Indépendant – Successió Miró, 2026 / Musée d’art Hyacinthe Rigaud/ ADAGP 2026
Avec ce pont entre Perpignan et Majorque, les visiteurs pourront alors découvrir, dans une première partie, ce lieu où l’artiste s’est concentré sur lui-même. Ses œuvres vont évoluer et « sa peinture va devenir très physique ». Ils seront ensuite amenés vers des pièces « d’avant Palma de Majorque », remontant aux débuts de Miró : les Constellations, Paris, l’expressionnisme… Une période foisonnante pour l’artiste catalan où naîtront des dessins mais aussi des céramiques, des gravures ou encore des lithographies. Avant son arrivée à Majorque et son trajet vers la monochromie « pas si monochrome », précise Pascale Picard. « Il cherche désormais une approche instinctive, construite autour des hasards du quotidien. Ses œuvres portent de moins en moins de noms, sont de moins en moins datées. C’est vraiment l’expression de sa personnalité, de sa sensibilité la plus intime. Il n’a pas envie de donner le mode d’emploi de son œuvre, quelque part. Il veut faire évoluer la mentalité des gens », poursuit-elle.
L’exposition sera accompagnée d’un accrochage de photographies d’Antoine Schneck, consacrées aux ateliers d’artistes d’aujourd’hui.
Exposition du 27 juin au 31 décembre 2026, Joan Miró, « Majorque, l’atelier des rêves », au musée d’art Hyacinthe-Rigaud de Perpignan.