Malgré sa période impressionnante et historique de domination de la F1 entre 2022 et 2023, Red Bull s’est depuis peu à peu dépeuplée de ses principales figures, parfois dans un contexte trouble. Retour sur tous les départs majeurs au sein de l’écurie autrichienne depuis trois ans.

Rob Marshall, ingénieur en chef
Rob Marshall

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

L’annonce du départ de Marshall chez McLaren avait eu lieu dès mai 2023, en vue de 2024. C’était le premier départ d’ampleur de ces dernières années dans le clan Red Bull puisqu’il avait passé 17 ans au sein de l’écurie de Milton Keynes. Arrivé en 2006, il a occupé aux côtés de Adrian Newey le poste de designer en chef jusqu’en 2015, avec un rôle clé dans les succès du début des années 2010.

Par la suite, il sera promu ingénieur en chef et participera à la renaissance de l’écurie, tout en s’impliquant dans d’autres projets de l’entreprise. « Son influence nous manquera », avait déclaré Horner après l’annonce de son départ pour devenir directeur technique ingénierie et design du côté de Woking.

Une influence que beaucoup ont estimé cruciale dans les succès récents de McLaren, dans le cadre de sa nouvelle association avec Peter Prodromou (qui fut le numéro 2 de Newey), lui aussi ancien transfuge de Red Bull.

Lee Stevenson, chef mécanicien
Lee Stevenson, mécanicien Red Bull Racing

Photo de: Dan Istitene / Getty Images

Ce n’est pas forcément un membre aussi haut placé que d’autres dans cette liste, mais c’est une figure connue du public : Lee Stevenson avait annoncé en mars 2024 son départ de Red Bull, après 18 années passées au sein de l’écurie.

Commençant sa carrière dans la discipline chez Jordan en tant que mécanicien, il débarquera chez Red Bull en 2006 en tant que quatrième mécanicien. De là, il gravira les échelons jusqu’à devenir le premier mécanicien sur la voiture de Daniil Kvyat en 2015. 

Début 2016, quand Verstappen remplacera le Russe, l’entente entre les deux hommes sera très bonne et il conservera ce rôle jusqu’en 2020 où, à sa demande, il sera promu au poste de chef mécanicien de soutien, avant d’être pleinement nommé chef mécanicien en 2023.

S’il a bien quitté Red Bull par la suite, il n’a en revanche pas délaissé son poste : il est en effet devenu le chef mécanicien de l’écurie Sauber, avant d’être promu team manager de l’écurie Audi en 2026.

Adrian Newey, directeur technique en chef
Adrian Newey, directeur technique en chef, Red Bull Racing

Photo de: Alexander Trienitz

Après avoir déjà contribué aux titres mondiaux glanés par Williams et McLaren dans les années 1990, Newey fit le choix de rejoindre Red Bull en 2006. Il ne lui a fallu que trois années pour aider l’écurie à devenir une candidate au titre avec la RB5, monoplace fondatrice de la lignée des premières championnes du taureau rouge, que seront les RB6-7-8-9.

Il fut ensuite victime comme l’équipe tout entière du tournant raté de l’ère des V6 turbo hybrides, à la fois en raison des lacunes de Renault mais aussi parfois de son propre département châssis et d’une corrélation défaillante. La suite de sa carrière chez Red Bull le verra se mettre un peu plus en retrait, quelque peu lassé par la prééminence des moteurs sur l’aérodynamique, tout en participant à des projets extérieurs à la F1.

Finalement, il faudra attendre le passage à des moteurs Honda pour que Newey retrouve l’opportunité de participer à la conception – avec Pierre Waché en directeur technique à part entière à compter de 2018 – de monoplaces jouant le titre, avec les succès rencontrés entre 2021 et 2024.

Toutefois, et alors qu’il avait prolongé son engagement auprès de Red Bull courant 2023, l’affaire Horner et la lutte de pouvoir interne qui ont éclaté au grand jour début 2024 l’ont visiblement incité à quitter la structure en mai de cette année-là. Comme un symbole, l’annonce de ce départ – dont la date fut critiquée par Newey lui-même en raison de sa coïncidence avec les 30 ans de la mort d’Ayrton Senna – eut lieu au moment précis où la RB20 allait commençait à montrer des signes de faiblesse. 

En début d’année 2025, alors qu’il avait entre-temps rejoint Aston Martin en tant qu’associé à la gestion technique, il déclarera pour Auto Motor und Sport : « Si vous m’aviez dit, il y a 12 mois, que j’allais quitter Red Bull pour finalement repartir de zéro, j’aurais répondu : ‘Non, vous êtes fou’. » 

« Mais pour diverses raisons, j’ai estimé que je n’aurais pas été en accord avec moi-même si j’étais resté chez Red Bull. La première décision difficile a donc été de savoir si j’allais rester ou non chez Red Bull. J’en suis arrivé à la conclusion que, en étant honnête envers moi-même, je ne pouvais pas, et après avoir pris cette décision, il s’agissait de savoir quoi faire ensuite. »

En 2026, il a démarré la saison au poste de directeur de l’écurie Aston Martin, inédit dans sa longue carrière, qu’il semble toutefois devoir délaisser prochainement après des débuts catastrophiques.

Jonathan Wheatley, directeur sportif
Jonathan Wheatley, Red Bull Racing team manager

Photo de: Red Bull Content Pool

Un peu moins en vue qu’un Newey, Wheatley n’en a pas moins été une pièce importante des succès de son écurie. Arrivé en 2006, après avoir été chef mécanicien chez Benetton puis Renault, en même temps que Newey mais également que d’autres noms qui deviendront essentiels comme Rob Marshall, Paul Monaghan (ingénieur en chef) ou Peter Prodromou, le Britannique fut d’abord team manager avant de devenir, en 2014, directeur sportif.

À ce poste, qu’il occupait depuis le muret des stands, il a notamment supervisé la machine infernale qu’est devenue l’équipe des arrêts au stand de Red Bull, tout en gérant l’interface entre l’écurie et les instances sportives. 

Courant 2024, à 57 ans, il souhaitait gravir un échelon supplémentaire dans sa carrière mais la présence de Christian Horner au poste de directeur d’écurie rendait difficile toute progression en interne. Aussi il fallait donc chercher en dehors du cocon Red Bull et c’est vers Sauber, qui allait devenir Audi en 2026, que Wheatley a décidé de voguer. 

Toutefois, après seulement deux Grands Prix à la tête de l’équipe sous l’identité du constructeur aux anneaux, Wheatley est parti et est aujourd’hui pressenti du côté d’Aston Martin.

Son départ de Red Bull avait été l’occasion d’une refonte hiérarchique et d’une série de promotions internes, avec notamment un rôle plus important et général accordé à Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de course de Max Verstappen

Will Courtenay, responsable de la stratégie
Will Courtenay, responsable de la stratégie Red Bull Racing

Photo de: Mark Thompson / Getty Images

Déjà présent chez Jaguar dès 2003, Courtenay est demeuré au sein de la structure en dépit du rachat par Red Bull. Ingénieur stratégie puis analyste entre 2005 et 2010, il deviendra responsable de la stratégie en course en juin 2010, poste qu’il a occupé jusqu’en fin d’année dernière avant de rejoindre McLaren.

L’annonce de son départ eut lieu peu après le Grand Prix de Singapour 2024, l’ingénieur se préparant à occuper le rôle de directeur sportif chez McLaren.

Toutefois, contrairement à ce qui a été fait pour Wheatley, qui a rejoint une écurie qui ne jouait pas dans la cour de Red Bull, la structure autrichienne n’était pas vraiment décidée à accélérer autant le processus

Courtenay a tout de même été autorisé à rejoindre Woking en début d’année 2026, malgré un contrat qui courait jusqu’au milieu d’année.

Christian Horner, PDG et directeur d’écurie
Christian Horner, directeur d'équipe, Red Bull Racing

Photo de: Red Bull Content Pool

Présent dès le premier jour avec la confiance et le soutien de Dietrich Mateschitz, cofondateur de Red Bull, Horner avait seulement 31 ans quand il est entré en 2005 dans le « Piranha Club » de la Formule 1, aux côtés de légendes telles que Jean Todt, Ron Dennis ou encore Frank Williams.

Malgré son inexpérience à ce niveau, il a bien vite posé les bases des réussites futures de son écurie en s’entourant d’une équipe compétente et dévouée à la cause, le recrutement phare de cette période étant bien sûr celui d’Adrian Newey, concepteur déjà largement considéré comme l’un des meilleurs de sa génération.

Le pari sera assez vite payant, puisque Red Bull deviendra dès la fin des années 2000 une force sur laquelle compter, en négociant avec brio le cycle réglementaire entamé en 2009. Entre 2010 et 2013, l’écurie et son pilote Sebastian Vettel rafleront tous les titres.

Horner imposera alors son style de management et de communication, tout en accompagnant la montée de son équipe au rang des superpuissances de la F1. Après une période difficile en raison du passage aux moteurs turbo hybrides – tout de même marquée par des succès éparses -, le constructeur autrichien rebondira en faisant un nouveau pari, celui de l’alliance avec Honda.

Le titre mondial pilotes sera retrouvé en 2021 avant la domination des saisons 2022 et 2023. Cette dernière année sera particulièrement impressionnante pour Red Bull, qui écrasera comme jamais la F1 avec Max Verstappen.

Pourtant, c’est juste après cette campagne que l’édifice bâti par Horner commencera à se fissurer, avec l’éclatement de l’affaire de comportement inapproprié présumé envers une employée. S’il survivra à cette controverse, blanchi par des enquêtes internes, la situation allait se tendre entre les murs de l’écurie sur fond de lutte de pouvoir, pendant que les performances déclinaient. Pas assez pour perdre le titre pilotes en 2024, mais suffisamment pour définitivement affaiblir celui qui présidait alors aux destinées de l’écurie depuis plus de 20 ans.

Son départ annoncé par surprise début juillet 2025 s’est accompagné de celui de deux autres cadres de l’écurie, bien moins en vue que d’autres personnalités mais qui étaient des proches de Horner : Oliver Hughes, directeur du marketing et des affaires commerciales du groupe, et Paul Smith, directeur de la communication du groupe.

Helmut Marko, conseiller sport automobile
Helmut Marko, Red Bull Racing

Photo de: Kym Illman / Getty Images

Depuis toujours au poste étrange de « conseiller » chargé des sports mécaniques au sein du géant de la boisson énergisante, Helmut Marko a ainsi été l’une des figures tutélaires de Red Bull Racing et de la montée en puissance, au fil des années, de la galaxie autrichienne dans le paddock F1, aux côtés des autres membres historiques évoqués ci-dessus.

Tout autant œil que bras droit de Mateschitz au sein de l’équipe, il a eu toute la confiance et la latitude nécessaires pour mettre en place en parallèle le système de la filière junior de l’équipe qui a notamment permis de former ou, en tout cas, de faire gravir à des jeunes pilotes les échelons menant vers la F1.

Sa plus grande réussite sera certainement celle du parcours de Sebastian Vettel, premier champion du monde estampillé Red Bull (2010 à 2013) après avoir été soutenu dans son ascension dans les disciplines de promotion avant son arrivée chez Toro Rosso. Le cas de Max Verstappen, lui aussi quadruple champion du monde avec Red Bull (2021 à 2024), est différent car le Néerlandais avait déjà largement fait ses armes avant de rejoindre le giron, ce qu’il n’a fait qu’à la faveur de la garantie par Marko d’un baquet de titulaire en F1 dès 2015.

Au-delà de ces deux pilotes, le système de détection, de formation et d’accession à la F1, mis en place autour de la propriété de deux écuries dans le championnat – Red Bull Racing en tant que vaisseau-amiral et Toro Rosso/AlphaTauri/Racing Bulls en tant que junior team –, a permis de faire accéder à la discipline une pléthore de pilotes prometteurs, dont certains sont encore dans le championnat malgré le fait d’être sortis de la famille autrichienne (Carlos SainzAlexander Albon ou Pierre Gasly).

L’influence de Marko chez Red Bull ne s’est toutefois pas limitée au programme junior et il a joué un rôle de premier plan en tant que dirigeant, notamment aux côtés de Horner, en accompagnant les grands succès de la marque. Ces dernières années, il avait été un maillon important auprès de Max Verstappen et de son clan dans le rapport de force interne, au point d’être ouvertement soutenu par le pilote début 2024 dans les turbulences provoquées par l’affaire Horner et de prolonger son contrat jusqu’en 2026.

Au fil des années, son style de management et ses prises de position publiques ont souvent suscité la controverse, l’une des dernières polémiques en date ayant été sa sortie conspirationniste à l’encontre de Kimi Antonelli après le GP du Qatar, qui avait contribué à provoquer une vague de harcèlement en ligne contre l’Italien et contraint Marko – chose rare – à rétropédaler.

C’est dans le contexte de déclin confirmé de Red Bull – malgré le baroud d’honneur de la fin de saison dernière – qu’il a affirmé avoir lui-même pris la décision de quitter l’écurie après la finale 2025. Toutefois, certaines sources évoquaient à l’époque plutôt une décision lui ayant été imposée, à la fois en raison de l’affaire Antonelli et d’une tentative de recrutement non approuvée d’Alex Dunne dans le giron Red Bull.

Gianpiero Lambiase, ingénieur de course et directeur de la compétition
Gianpiero Lambiase, ingénieur de course Red Bull Racing

Photo de: Red Bull Content Pool

Après avoir débuté sa derrière en 2005 chez Jordan, restant une dizaine d’années sous les diverses identités de l’écurie (Midland, Spyker, Force India), il a rejoint Red Bull en 2015 pour être l’ingénieur de course de Daniil Kvyat. Au moment où ce dernier sera rétrogradé chez Toro Rosso et remplacé par Verstappen, Lambiase maintiendra ce rôle.

La collaboration avec le Néerlandais va déboucher sur un premier succès d’entrée lors du GP d’Espagne 2016, avant qu’il ne participe aux quatre campagnes au terme desquelles le Néerlandais aura été sacré, entre 2021 et 2024. 

Durant son parcours chez Red Bull, il prendra progressivement de l’épaisseur en interne avec le rôle d’ingénieur de course en chef en 2022 avant d’être promu au poste de directeur de la compétition dans la foulée de la réorganisation suivant le départ de Wheatley.

Début avril 2026, alors que son avenir au sein de la structure avait déjà été remis en question par des liens avec d’autres écuries, il a donc été annoncé qu’il allait quitter Red Bull au terme de son contrat (fin 2027), pour rejoindre McLaren à partir de 2028 dans un rôle de directeur des opérations de course, sous la responsabilité d’Andrea Stella.

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