Avant sa sélection au festival, ce film, utilisant des marionnettes artisanales, avait déjà marqué les esprits lors du Global Créative Graduate Showcase 2025. Dans cette compétition internationale réservée aux diplômés en art et design, Arthur Steenhoudt est reparti gagnant dans la catégorie Animation. Interview.

Affiche du film. ©EDA
Arthur, une réaction sur ta participation au Young Filmmakers Festival ?
Très chouette expérience ! C’était intéressant de voir mon film sur grand écran, au Théâtre des Riches-Claires. Mais en le découvrant dans ces conditions, je me suis dit que je devais proposer quelque chose de mieux la prochaine fois. Je me suis mis une claque tout seul. Et le fait de ne pas avoir gagné de prix augmente ce sentiment-là.
Quelles furent tes sources d’inspiration sur « Le Marquis Van de Maan » ?
Au début, je m’inspirais des marionnettes de théâtre de la Commedia dell’Arte. Ensuite, mon influence a beaucoup évolué en réfléchissant à l’expression « être dans la lune ». Je lisais aussi Alice au Pays des Merveilles qui a été une grosse référence avec sa galerie de personnages loufoques. Finalement, c’est devenu une histoire autour d’un protagoniste qui fuit ses responsabilités et part dans un rêve alcoolisé où il ne reconnait même plus son chien, transformé en loup.
Ton plus grand défi sur cette dernière production ?
Le plus gros défi, c’était de mettre la barre encore plus haut sur ce film que les précédents. Tu peux faire des films très léchés visuellement, mais sans histoire, il n’y a rien. J’avais donc envie d’un personnage davantage développé et d’un résultat plus linéaire. Et je me suis senti progresser sur des contraintes techniques. Le résultat est plus précis et les marionnettes mieux finies.
Que retiens-tu de la formation au KASK & Conservatorium Gent ?
L’école m’a donné des conseils qui m’ont aidé sur ce que je voulais raconter. Lors d’une pré-projection sur grand écran, il y avait des retours entre élèves et professeurs sur la progression du film. Ça permet de sentir ses forces et ses faiblesses. Le plus important, c’est de se connaître soi-même et trouver sa méthode pour exprimer son univers.
Comment est né ton goût pour le cinéma d’animation ?
J’ai toujours été dessinateur. Enfant, on me voit déjà en photo sur un chevalet. Dès l’âge de six ans, je suivais des cours à l’Académie des Beaux Arts de Namur. Je suis allé ensuite me former à l’école supérieure Saint-Luc Bruxelles. J’ai décidé de poursuivre mon apprentissage en Arts numériques, car c’était pluridisciplinaire, étant passionné aussi de musique, de jeux vidéo et de cinéma. J’ai fait de l’animation et trouvé cool que mes dessins prennent vie. Les professeurs étaient très inspirants. L’un deux m’a dit: « tu peux pousser un peu plus en essayant un master ». À ce moment-là, j’en avais marre de faire de l’animation en 2D sur ordinateur. En observant les travaux en stop-motion des étudiants du KASK, je me suis dit que j’avais envie de faire ça, et travailler davantage avec mes mains.
Quel est ton souhait futur ?
J’aimerais que l’œuvre que j’ai en tête se concrétise par n’importe quel moyen. À plus long terme, je souhaite m’établir comme réalisateur. J’ai des idées de films, des personnages et des émotions auxquels je veux donner vie.
https://arthursteenhoudt.wixsite.com/portfolio-animation

Le Marquis Van de Maan a valu à Arthur de remporter le Global Créative Graduate Showcase dans la catégorie Animation. ©EDA