On l’ignore parfois, mais la Flandre et la Wallonie constituent leurs premiers partenaires commerciaux respectifs, loin devant la France ou les Pays-Bas. » Bien que 85 % des entreprises belges soient déjà actives dans plusieurs régions, une marge de progression subsiste en matière de coopération, afin de maximiser le potentiel de notre tissu économique et industriel, relève le communiqué du Palais, annonçant l’initiative. La Wallonie dispose d’espaces et de main-d’œuvre qui font actuellement défaut en Flandre, tandis que la Flandre offre une expertise, une capacité d’investissement et des atouts logistiques dont la Wallonie peut tirer pleinement parti. »

L’hôtel des Diables à Tubize

Dans les faits, le Roi jouera pleinement le jeu du format « mission économique ». Il logera, aux côtés de la délégation du secteur privé, dans un hôtel de Tubize, dans le Brabant wallon. Le choix s’est porté sur l’établissement qui accueille habituellement les Diables rouges lorsqu’ils s’entraînent au central national de football situé dans la même commune. Il est permis de voir dans le choix de cet hôtel un clin d’œil du Palais aux Diables.

Pour ses déplacements, le chef de l’État partagera également le car des entrepreneurs, renforçant ainsi la dimension conviviale et collective du programme. Au terme de la première journée, un dîner de gala réunira l’ensemble de la délégation dans ce même hôtel.

Si l’agenda précis de cette mission de deux jours n’est pas encore définitivement arrêté, plusieurs secteurs stratégiques devraient être mis à l’honneur, parmi lesquels la défense et l’industrie pharmaceutique. L’économie circulaire, à laquelle le Roi accorde une attention particulière, devrait également occuper une place centrale.

Des enjeux clés tels que la mobilité des travailleurs au-delà de la frontière linguistique seront aussi abordés. Ces thématiques seront évoquées à travers des visites d’entreprises de pointe en Wallonie (Odoo, IBA, DEME Environnement, Sonaca…) et en Flandre (Renson, Barco, VPK…). « Un accent particulier sera mis sur le regain de productivité par l’innovation, notamment grâce à l’intelligence artificielle », précise le communiqué du Palais.

Dans un discours axé sur le social, le Roi appelle à accompagner les chômeurs exclus

Le 28 janvier, dans son discours annuel adressé aux corps constitués, le roi Philippe avait annoncé sa volonté de lancer cette mission économique intrabelge. Le chef de l’État évoquait notamment la persistance de poches de précarité en Wallonie et invitait les entreprises de tout le pays à une mobilisation collective.

« Je voudrais vous faire part ici de mon appui aux zones aujourd’hui plus précarisées dans notre pays, avait-il déclaré lors de la réception organisée au Palais de Bruxelles. J’ai ainsi pu mesurer, lors de mes nombreux déplacements sur le terrain, les difficultés de la région du Centre, au cœur de la Province du Hainaut. Cette région aspire à retrouver la prospérité qu’elle a longtemps connue. J’y ai vu des jeunes très motivés mais qui se heurtent au manque de débouchés et à une activité économique limitée. Pourtant, j’y perçois des opportunités locales d’investissement, en particulier dans l’économie circulaire. Mais le redressement de la région passera aussi par la mobilisation d’acteurs économiques de tout le pays. »

En veillant à renforcer les liens du tissu économique flamand et wallon, le roi Philippe envoie aussi un message, à la tonalité plus institutionnelle, en faveur du fédéralisme de coopération.

Et Bruxelles ?

À ce propos, ne fallait-il pas associer les entreprises bruxelloises à la mission interrégionale ? Contacté vendredi, le patron d’AKT, Frédéric Panier, en ouvre la perspective : « Cette première édition se concentre sur les synergies entre la Wallonie et la Flandre. Bruxelles est évidemment concernée, dans la mesure où de nombreuses entreprises actives dans ces deux régions y sont également présentes. L’idée est d’avancer concrètement, avec une dynamique qui pourra ensuite s’élargir. »