En Wallonie, 433 278 tests ont été effectués par la police l’année dernière. Trois fois moins qu’en Flandre où 1 484 875 contrôles ont été réalisés en 2025. En Wallonie, c’est la province du Hainaut qui est la plus surveillée avec 147 022 contrôles. Les provinces du Luxembourg et du Brabant wallon sont les moins contrôlées du pays avec environ 60 000 tests chacune.
Pour ce qui est des grandes villes, rassemblant souvent davantage de lieux propices à la consommation d’alcool, c’est la ville de La Louvière a été la plus contrôlée en Wallonie, avec 23 137 alcootests réalisés, suivie de Wavre et de Namur. À Liège, environ 4 000 tests ont été réalisés en 2025, soit 20 contrôles pour 1 000 habitants.
Différences nord-sud
De ces chiffres ressort un constat : les contrôles d’alcoolémie au volant sont plus fréquents au nord qu’au sud du pays. D’après la police fédérale, à l’origine de ces chiffres, cette différence s’explique notamment par des stratégies de contrôle différentes. « Certains privilégient des contrôles très visibles et étendus, à des moments de forte affluence. D’autres mènent plutôt des actions ciblées lors de moments à risque, la nuit ou le week-end ». Les différences démographiques entre les deux régions du pays peuvent également expliquer ce phénomène. « En Flandre, il y a une densité de population plus élevée. Le nombre de véhicules en circulation est donc plus important, et davantage de véhicules sont contrôlés lorsqu’une opération est menée », détaille Benoit Godart, porte-parole de l’institut Vias. Certaines communes traversées par d’importants axes de circulation peuvent également faire l’objet de plus de contrôles, précise la police fédérale.
Les moyens dont disposent les zones de police peuvent également expliquer ces différences. « Dans de nombreuses zones wallonnes, les cadres ne sont pas remplis, il y a un manque d’effectif qui rend difficile l’organisation d’opérations à des moments clés », ajoute Benoit Godart. En outre, certaines zones de police du sud du pays couvrent des territoires parfois très étendus, ce qui rend compliquée la surveillance des voiries, et limite le nombre de véhicules rencontrés lors d’une opération de contrôle.
La zone de police Semois et Lesse illustre cette difficulté. « Les véhicules en patrouille ont l’obligation de faire deux fois 15 minutes de contrôles par jour, pendant leur pause, explique Gregory Besohe, inspecteur principal à la zone de police locale. En journée, deux véhicules effectuent ces contrôles. En soirée, un autre véhicule les rejoint. « Nous devons couvrir neuf communes, cela ne permet malheureusement pas d’être partout ».
Deux fois par semaine, la zone organise également une opération « Nova », avec le soutien de zones de police voisines. « Dix personnes sont mobilisées pour installer trois points de contrôles, mais cela se fait en journée, par manque de moyens. Mener ce type d’opération la nuit cela coûte beaucoup plus cher, nous ne sommes pas en mesure de les organiser. Nous ne disposons d’ailleurs pas de service circulation dédié comme cela peut être le cas ailleurs », explique Gregory Besohe. Ce dernier rapporte tout de même de « bons résultats », particulièrement en matière de stupéfiants.
Des chiffes à nuancer
Si ces chiffres permettent de mettre en lumière des différences entre le nord et le sud du pays, il est cependant nécessaire de les nuancer, précise l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR). « Il est important de distinguer contrôle et contrôle. Si on organise une opération le lundi matin, il est certain que beaucoup de véhicules seront contrôlés mais cela aura peu d’impact. Ces chiffres ne disent rien de la qualité des contrôles », précise l’AWSR.
Alcool au volant: les sanctions sont à présent harmonisées sur tout le territoire belge
Un constat partagé par Vias. « Depuis plusieurs années, nous plaidons pour la mise en place d’un registre qui consigne la manière dont les contrôles sont effectués. Il ne faut pas se lancer dans une course à celui qui fait le plus de contrôles », plaide Benoît Godard. De son côté, l’AWSR rappelle que l’important est que les conducteurs aient le sentiment qu’ils pourraient être contrôlés à tout moment. « Aujourd’hui, 75 % des Wallons estiment qu’il est peu probable qu’ils soient contrôlés en prenant le volant. Il est nécessaire non seulement d’organiser plus de contrôle mais aussi de communiquer davantage lorsque ces opérations sont menées ».