Alec Mansion , Plastic Bertrand , année 80 , star , star 80 , chanteur , belge , belgique , ca plane pour moi , musique , tubeAlec Mansion , Plastic Bertrand , année 80 , star , star 80 , chanteur , belge , belgique , ca plane pour moi , musique , tubeRendez-vous pour « La Vraie Soirée 80-90 » à Braine-l’Alleud le 18 avril et à Bastogne le 27 juin ©cameriere ennio

L’occasion faisant le larron. Rendez-vous à Paris dans un hôtel au pied de la Butte Montmartre quelques heures avant un concert privé au « Petit Trianon ».

Ses cinquante ans de carrière en 2027 (« je prépare quelque chose… « ), un remix de « Tout petit la planète » (signé du DJ Olivier Gosseries et de G Zul, le fils de Fred Jannin), son dernier album que les radios ne diffusent pas (« j’ai perdu de l’argent mais tant pis… »), David Bowie, la longévité de « Ça plane pour moi » (merci les pubs), il y en a des sujets à aborder avec le plus punk des papies belges.

Plastic Bertrand n’est plus le révolté qu’il a été: « Ça ne sert à rien d’être un faux rebelle »

Cette interview a lieu à Paris. Est-ce dire que vous y vivez ?

Oh non. J’y ai vécu durant trois ans. Je ne pourrais plus, trop de stress, trop de violence,… Je me partage entre Nîmes et Bruxelles.

Vous voulez démentir votre carte d’identité ? Vous êtes en forme olympique.

La recette ? Je bosse tout le temps. J’effectue des exercices de gym tous les matins, je fais gaffe à ce que je mange, fini les excès sauf un bon resto de temps en temps. Depuis 30 ans, je me suis pris en main parce que je pesais 20 kilos de plus. Le déclic a été mon envie de refaire de la scène. Sans une hygiène de vie, tu n’y arrives pas.

Il y a 30 ans, je pesais 20 kilos de plus

Vous êtes en tournée de manière quasi permanente. Fini la vie rock’n’roll ?

Chaque âge a ses comportements. Je ne sors pas (plus) à tous les soirs en me mettant des tampones. Tu vieillis mal si tu penses que tu peux encore vivre comme si tu avais 20 ou 30 ans. Je ne veux jouer ni au jeune vieux ni au vieux jeune. Je vis avec mon âge en étant bien dans mes baskets.

Qui vous appelle encore Roger Jouret (son vrai nom) ?

Personne à part les impôts… Pour moi, c’est un étranger Roger Jouret.

Quel est le point commun entre Georges Clooney, David Bowie et la new beat ? Le punk belge Plastic Bertrand

La tournée des stars des années 80 n’en finit pas…

Stars 80, l’originelle, s’arrête à la fin du mois de mai. Les producteurs veulent passer à autre chose. D’autres prennent le relais car le succès est toujours au rendez-vous. On remplit des Zéniths (des salles de 10.000 personnes en France).

©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN ; MONTBELIARD LE 10/11/16 - CONCERT DE STARS 80 " 10 ANS DEJA ! " - PLASTIC BERTRAND - PHOTO LIONEL VADAM©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN ; MONTBELIARD LE 10/11/16 - CONCERT DE STARS 80 De Ca plane pour moi à Tout Petit la Planète, Plastoc enflamme les foules ©BELGAIMAGE

Pourquoi avez-vous accepté de venir dans une soirée en boîte de nuit à l’Acte 3 ce 18 avril ?

Par amitié pour Michel Brunelli que je connais depuis longtemps. Je fais vraiment peu de dates en Belgique. À l’approche de mes 50 ans de carrière (il situe la date au 6 novembre 1977 lors de sa première apparition chez Michel Drucker) , c’est le moment de faire un show proche des gens. D’autant que ce ne sera pas un truc vite fait J ai fait remonter des images et des sons. Je vais chanter six chansons (Ça plane pour moi évidemment, Stop ou encore, Bambino, Major Tom,…) dans ma préférée « Tout petit la planète ». De plus, ils ont touché ma fibre sensible en remixant ce morceau au son toujours d’actualité. Merci Dan Lacksman…

"Tout petit la planète" sorti en 1978« Tout petit la planète » sorti en 1978 ©DR

Allez-vous vraiment fêter vos 50 ans de carrière ? Nous avons tous en mémoire votre veste rose avec de nombreuses tirettes ?

6 novembre 1977. Ma première télévision chez Michel Drucker. Je commence à y réfléchir sérieusement pour novembre 2027. Je ne sais pas encore sir ce sera à Paris ou à Bruxelles. Les Belges aiment bien venir à Paris… Je ne veux pas non plus que cela sent les adieux car ce n’est pas le cas.

Qu’est ce qui vous raccroche encore à la Belgique ?

Je suis Belge ! À Bruxelles, où j’ai conservé un appartement, il y a toujours une douceur de regard, une forme de décalage, de gentillesse. Quand tu voyages beaucoup comme moi, tu ressens la différence entre les villes.

Le 29 mai 2019, de 12h à 18h, le Manneken-Pis portera un nouveau costume, en hommage au chanteur Plastic Bertrand. (© Bernard Demoulin)Le 29 mai 2019, de 12h à 18h, le Manneken-Pis portera un nouveau costume, en hommage au chanteur Plastic Bertrand. (© Bernard Demoulin)Le Manneken Pis possède dans sa garde-robe la célèbre veste rose que Plastic a porté lors de ses premières apparitions (ici en 2019) © Bernard Demoulin

Y a-t-il d’autres cités où vous ressentez les mêmes sensations ?

New York. C’est une énorme ville mais qui a un vrai respect pour les artistes. Tu peux manger à deux tables de Madonna, personne ne va la déranger. C’est très agréable. Bruxelles, c’est la même chose.

N’est-ce pas frustrant de ne changer que des succès ?

Au Canada par exemple, je tourne avec des concerts personnels. J’y joue beaucoup de mon dernier album (L’Expérience humaine sorti en 2020). Je mélange avec des morceaux de mon tout premier album. Cela donne une vingtaine de chansons qui reflètent mieux ma carrière que les succès connus. Vous croyez que je chante tout le temps la mêle chose mais un soir n’est l’autre. Tu as intérêt à rester attentif. Si tu crois que tu es en roue libre, c’est le meilleur moyen de se planter.

Plastic Bertrand et Alec Mansion étaient à Bastogne pour présenter le Bastogne Summer Festival… qui déménage

Êtes-vous d’accord avec la phrase de « Stars 80 » : ils étaient ringards, ils sont devenus cultes.

Je n’ai rien à voir avec les années 80. Ça plane pour moi, c’était en 1977. J’étais un précurseur avec du punk gentil. Le son Plastic n’est pas celui plus formaté de Jeanne Mas ou Gold. J’ai réussi à me relancer en prouvant sur scène.

Le son Plastic est moins formaté que celui des années 80

Contrairement à de nombreux artistes des années 80, vous avez continué à produire.

Exactement. Ma carrière ne se résume pas à one hit wonder.

En 1987, Plastic Bertrand a même représenté le Luxembourg à l’Eurovision avec « Amour, amour ». Résultat : 4 points et avant-dernière place.

Une aventure incroyable que je ne regrette pas. Primo. C’était à Bruxelles. Secundo. Cela me rappelait mes soirées avec mes parents devant la télé en noir et blanc. Tertio. La persuasion du producteur haut en couleur Eddy Luyckx (NdlR : il a notamment produit Anthony Quinn et le duo Shirley Bassey-Alain Delon) a fait le taf. Il m’a envoyé une Rolls-Royce tous les soirs à 19h pour me convaincre. Quatro. J’ai emmené mon ami Alec Mansion dans l’aventure (il a écrit les paroles).

Plastic avait représenté le Luxembourg avec "Amour, amour" coécrit avec Alec MansionPlastic avait représenté le Luxembourg avec Plastic avait représenté le Luxembourg avec « Amour, amour » coécrit avec Alec Mansion ©DR

Après 50 ans de carrière, Plastic est-il riche ?

J’ai gagné beaucoup d’argent. Pardon, j’ai généré beaucoup d’argent. J’avais un petit contrat mais tout m’était permis. J’ai vécu durant quatre ans comme Michael Jackson mais, quand la folie s’est arrêtée, je n’avais plus un euro. Mes enfants ne me regardaient pas parce qu’il ne me connaissait pas. J’ai pris conscience que je devais bosser.

Durant quatre ans, j’ai vécu comme Michael Jackson mais sans l’argent

Mais vous êtes blacklisté en France en 1981.

Sans le savoir, j’ai chanté pour le candidat Valéry Giscard d’Estaing. Quand François Mitterrand a gagné, une série d’artistes ont disparu de la télévision. C’est la femme de Bernard Pivot, Monique, qui m’a sauvé en m’envoyant faire des… romans-photos en Italie. Un million d’exemplaires par semaine, j’ai refait des disques là-bas et même présenté une émission sur RAI 2. Je suis revenu par ce biais inattendu. En France, je proposais mes disques et ils allaient directement à la poubelle.

L'expérience humaine sorti en 2020L'expérience humaine sorti en 2020Son dernier album « L’expérience humaine » sorti en 2020 ©DR

Votre dernier album qui a pourtant été reconnu par la critique n’a pas été un succès. Décevant ?

Tant que j’ai des choses à dire, je continuerais. Même si je perds de l’argent. Les radios ne passent que mes anciennes chansons. Elles veulent de nouveaux artistes mais pas du nouveau Plastic. Il n’y a pas plus de place. Tant pis, je chante sur scène.