De l’école de danse Sandie Trévien de Pont-l’Abbé au parquet de « Danse avec les stars » sur TF1, la Loctudiste Erell Allier mesure le chemin parcouru. Ces dernières semaines, les téléspectateurs les plus attentifs ont pu reconnaître la Bigoudène sur leur petit écran : elle évolue désormais parmi la troupe de danseurs additionnels qui accompagne les couples stars. En 2025, l’artiste de 23 ans s’était déjà illustrée lors de la finale de la célèbre émission de la Une.

« À chaque fois, les chorégraphies doivent être apprises en seulement deux jours ! La préparation est intensive, mais l’ambiance avec les autres danseurs est toujours agréable », sourit celle qui a débuté l’apprentissage de sa discipline dès l’âge de 5 ans. Et même bien plus tôt, à en croire sa mère, Nyves Allier, qui donne des cours de remise en forme en Pays bigouden : « Elle m’a répété à maintes reprises qu’elle dansait déjà avec moi quand j’étais dans son ventre ! », s’amuse la jeune femme.

Des débuts dans le classique, le jazz ou le contemporain

Durant sa jeunesse, Erell se familiarise avec différents registres comme le classique, le jazz ou le contemporain. Elle participe à divers concours et championnats, jusqu’à remporter plusieurs prix en solo, en groupe et même un titre européen en duo. À 17 ans, l’ancienne élève de l’ensemble scolaire Saint-Gabriel quitte sa Bretagne natale pour rejoindre la capitale. Elle y intègre l’Académie Internationale de la Danse (AID), puis l’école Choréia afin de passer son diplôme d’État pour devenir professeure de jazz.

Mais après deux ans sur les bancs, l’heure est aux questionnements : « Cette formation était très axée sur l’enseignement et j’avais le sentiment que cela ne me correspondait pas. J’ai alors arrêté la danse pour rentrer en Bretagne », se remémore-t-elle. Elle s’accorde à cette période deux années sabbatiques, rejoignant de la famille aux États-Unis avant de s’envoler pour l’Allemagne lors d’un séjour linguistique.

Un retour sur scène après une pause de deux ans

En mai 2024, « je me suis rendu compte que la danse me manquait et cette coupure m’a permis de clarifier mes envies ». Erell Allier intègre alors la Neodance Academy à Paris. Cette école pour semi-professionnels, qu’elle juge « très complète », est axée sur l’entrepreneuriat et les réalités concrètes du milieu. Un environnement où la Bigoudène se sent désormais pleinement à sa place.

« Dès que je peux, je rentre au pays, c’est une nécessité ! Si un jour j’ai l’occasion de m’impliquer dans la scène culturelle locale et d’y partager mon art, je le ferai sans hésiter »

En parallèle, la danseuse enchaîne les contrats pour des clips, des publicités et des émissions de télévision. Contactée l’an dernier pour la finale de Danse avec les stars, sa prestation lui a ouvert les portes de la saison actuelle, où elle est intervenue de manière régulière.

« Dès que je peux, je rentre au pays ! »

À quelques mois de la fin de son cursus académique, Erell se sent prête à relever de nouveaux défis. Si elle n’a pas encore intégré de compagnie permanente, elle reste à l’affût des opportunités : « Je suis ouverte à toutes les portes qui s’ouvriront, je ne me fais pas de souci ! ». L’artiste rêve néanmoins de collaborer avec de grands noms de la scène, tels que la compagnie Käfig ou le chorégraphe Mehdi Kerkouche.

Au-delà de la performance, Erell souhaite utiliser son art pour porter des messages plus personnels et engagés. Elle aspire notamment à sensibiliser le public à la situation d‘Haïti, « laissée à l’abandon » dont une partie de sa famille est originaire. Riche de ce métissage culturel, elle n’en oublie pas pour autant ses racines finistériennes : « Dès que je peux, je rentre au pays, c’est une nécessité ! Si un jour j’ai l’occasion de m’impliquer dans la scène culturelle locale et d’y partager mon art, je le ferai sans hésiter ».

Pratique

Le travail d’Erell Allier est à retrouver sur son Instagram :@erell.aka.erz