L’annonce du départ de l’ingénieur
Gianpiero Lambiase vers McLaren, même s’il n’interviendra pas avant
2028, pose la question de l’avenir à court terme de Max Verstappen
chez Red Bull : stop ou encore ?
Cette situation vient clairement nourrir le dilemme autour de
l’avenir de
Max Verstappen, et tout porte à croire qu’elle pourrait
le rapprocher d’une décision radicale : prendre une année
sabbatique.
À 28 ans, le Néerlandais est
encore largement dans la fenêtre pour se permettre une pause,
surtout si l’on se rappelle que Alain Prost avait lui-même pris une
année off en 1992… à 37 ans. Le précédent existe, et il est même
prestigieux.
Synergie rompue
Mais ici, le contexte est très
différent. La dynamique pilote–ingénieur, essentielle en Formule 1
moderne, est en train d’être bouleversée pour Verstappen. La perte
de son ingénieur de course Gianpiero Lambiase représente bien plus
qu’un simple changement organisationnel : c’est une rupture dans un
binôme ultra-performant, construit sur plusieurs années et quatre
titres mondiaux.
Dans des disciplines comme la
Formula E, ce lien est
encore plus critique, notamment avec la gestion énergétique (lift
and coast, déploiement batterie), qui exige une compréhension quasi
instinctive entre pilote et ingénieur. Recréer cette synergie en
F1, dans un contexte technique complexe et en pleine évolution
réglementaire, prendra du temps, un facteur que Verstappen pourrait
ne pas vouloir subir.
Verstappen en outsider
À cela s’ajoute un autre
élément clé : Verstappen n’apprécie visiblement pas son nouveau
statut d’outsider. Habitué à dominer, il évolue désormais dans une
phase de transition chez
Red Bull Racing, avec une monoplace moins compétitive et
des repères en train de disparaître. Les nouvelles règles, très
axées sur la gestion d’énergie, semblent également avoir entamé son
plaisir de pilotage.
Dans ce contexte, la question
centrale devient presque philosophique : retrouvera-t-il le plaisir
avant de devoir prendre une décision majeure pour la suite de sa
carrière ? Si la réponse est non, une pause pourrait devenir une
option crédible, agrémentée d’un programme en GT3 avec son propre
team.
Le fait qu’il ait été aperçu
récemment au Circuit Paul Ricard
(photo ci-dessus), en train d’observer le paddock du GT
World Challenge Europe — où roule notamment Lance
Stroll ce week-end — montre qu’il explore déjà d’autres
horizons. Ce n’est pas anodin.
En filigrane, Verstappen semble évaluer toutes
les options : rester et reconstruire, changer d’environnement, ou
prendre du recul. Et dans tous les cas, il sait qu’un retour en
Formule 1 après une pause resterait possible, mais seulement s’il
en a encore l’envie.