En toile de fond, le PTB. S’il ne dispose d’aucun administrateur votant chez Nethys, le parti en compte deux chez Enodia. Ceux-ci entendaient clairement remettre le débat sur la table, notamment au regard des conséquences potentielles sur l’emploi liégeois.
Car l’enjeu est de taille. Lors de la vente de VOO à Orange Belgium, il avait été convenu qu’Enodia conserverait des parts dans l’opérateur. Parts qu’elle a d’ailleurs vendue en grosse partie au fil du temps. Mais cette présence dans l’actionnariat s’accompagnait d’une forme de garantie pour l’emploi au sein des entreprises liées, directement ou indirectement, à Nethys. En clair : Le contrat de vente stipule explicitement que fermetures et licenciements collectifs sont interdits tant qu’Enodia était actionnaire de Voo Belgium.
Un vote… unanime
Dans ce contexte, le sort du call center WBCC, situé aux Hauts-Sarts et dont Nethys est l’actionnaire principal, inquiète particulièrement. En interne, certains redoutaient qu’une sortie totale d’Enodia du capital d’Orange Belgium ne fragilise rapidement les quelque 300 emplois du site.
Ce vendredi, les travailleurs retenaient donc leur souffle. Ils ont finalement été rassurés : le vote s’est soldé par un « non »… à l’unanimité.
Surprise : MR et Engagés, favorables à la vente chez Nethys, ont cette fois voté contre. Un revirement dont les raisons restent floues. Mais beaucoup y voient l’influence et le vote attendu du PTB, fermement opposé au projet, qui aurait pesé sur la décision.
Avec 6 voix contre (PS et PTB) sur 12 votants, la majorité nécessaire n’était de toute façon pas atteinte. Le MR et Les Engagés ont donc finalement suivi, ne souhaitant sans doute pas assumer le risque, voire la responsabilité politique de pertes d’emplois.
« Une victoire ! »
« Ce vote est une victoire », se réjouit Damien Robert, administrateur PTB.
« Il empêche toute fermeture ou licenciement collectif au call center des Hauts-Sarts. Lors de la privatisation de Voo, nous avions été les seuls à nous y opposer en pointant les conséquences négatives. Trois ans plus tard, la pression sur l’emploi est bien réelle, avec de nombreux licenciements individuels. Heureusement, notre constance a poussé les autres partis à s’aligner sur la préservation du site ».