Qu’allez-vous développer dans ce nouveau dérivé de Coûte que coûte ?
« Nous avons le Coûte que coûte sur la consommation classique, Le bureau des arnaques qui décrypte les méthodes des grands arnaqueurs, et là on lance une série de grands documentaires sur les entreprises mondiales qui ont marqué l’histoire avec des procès et des techniques qui sont aujourd’hui étudiées ou copiées par d’autres. Le premier épisode concernera Ikea et plus tard nous nous intéresserons à McDonald’s. Ikea, c’est eux qui ont inventé le labyrinthe, eux qui ont poussé à l’extrême le carton plat et le montage… Et c’est là qu’on s’aperçoit que ces marques sont plus que des entreprises implantées dans nos salons : ce sont des entreprises qui ont créé des process et des méthodes. »
Ventes en ligne, écologie, plus petits magasins et restauration : comment Ikea a développé une nouvelle stratégie pour réussir les défis de demainVa-t-on vraiment apprendre quelque chose de nouveau ?
« Sur Ikea, on a l’impression qu’on a tout dit, effectivement. Et en fait, quand on prend le temps de refaire un peu l’histoire des grandes marques, on s’aperçoit que des orages de la vie sont passés par là. Par exemple, Ikea a surmonté le scandale de la déforestation et de l’usage intensif du bois ; on découvre comment, à coups de publicité, ils ont su affronter les tempêtes. Il y a la personnalité du fondateur, comment il a dû déjouer tous les pièges, comment il s’est relevé des difficultés économiques. Aujourd’hui, la communication d’Ikea est si forte qu’elle nous laisse penser que tout est rose et parfait. D’où l’intérêt de se replonger dans l’histoire. »
En 2026, est-ce encore possible de faire un magazine de conso sans prendre position ?
« On n’est pas un magazine militant. Pas parce qu’on ne veut pas ou que ça n’est pas utile, mais on a fait un autre choix. Nous sommes un magazine de décodage et d’explication. On ne va pas attaquer des marques pour les dénoncer. En Belgique, Testachats est une forme d’intervention rapide, puissante. On fait de la consommation d’une autre manière. Les formats se complètent. »
Beaucoup vous trouvent plus apaisé à l’antenne. Est‑ce une volonté assumée ou simplement le temps qui fait son œuvre ?
« Je pense que le contexte autour de moi a changé. Moi, pas fondamentalement… Oui, j’ai vieilli, mûri, comme tout le monde. Mais l’environnement, oui, a changé. Quand on est la cible de tout, ça façonne un portrait. Il faut être très fort, sûr de qui on est – sans prétention. Il faut un entourage qui sait qui vous êtes. Sans ça, quand vous êtes la cible de tourments répétés, vous pouvez sombrer. Donc oui, j’ai avancé et le climat autour de moi est très différent aujourd’hui. »
Vous dites avoir été une cible. Qu’est‑ce que cela a changé dans votre travail ?
« C’est personnel, mais j’ai été fortement maltraité. J’ai connu la merde et la violence jusqu’à l’excès. On ne reste pas indemne… J’ai connu la maltraitance et l’enfer, et certains y ont pris un véritable plaisir. Ça laisse des traces. Ça vous rend méfiant, pas du travail, mais des gens. Oui, quand on a pris tout ça, on voit le monde autrement. »
Benjamin Maréchal quitte la RTBF: « J’avais besoin d’un nouveau challenge »Comment voyez-vous le monde aujourd’hui ?
« J’ai vu des choses, entendu des choses… Il y a beaucoup de choses que j’aimerais écrire, mais que je n’écrirai jamais. Je fais le choix du silence. À mon âge, je sais qui je suis et ce que je veux faire. Je suis assez en paix, assez aligné. Et j’ai beaucoup de tendresse pour les gens qui ne sont pas alignés, qui n’arrivent pas à s’exprimer. Ça me touche. »
Qu’est-ce que ce métier vous a appris sur vous et les autres ?
Déjà une conclusion que j’avais avant : c’est un métier qui rend fou. Comme en politique, ou dans le patronat… L’essentiel, c’est de connaître sa juste place dans la société, dans l’espace public. Si je devais mettre une maxime sur la porte de mon bureau, ce serait ‘C’est de l’art de connaître sa juste place’. Après, je suis un individu comme les autres : on se demande le sens de tant de travail, au détriment de soi, de la famille. Et puis, il y a la tension économique, les places médiatiques sont chères. La question, ce n’est plus ‘faire carrière’, c’est tenir. Les influenceurs gagnent plus vite notoriété et argent… La tension est là : continuer sans céder aux sirènes. Tous les jours, je me le dis : je gagnerais mieux ma vie en étant l’égérie d’une machine à laver. Mais je ne le fais pas. »
Coûte que coûte : la folle histoire des marques – Ikea : une idée qui a meublé le monde. Mercredi 18 février sur RTL-tvi, à 19h50. Déjà disponible sur RTL PLAY