« Il ne faut pas rêver, les aides du gouvernement face aux prix de l’énergie seront limitées »
Autre dossier sensible : les visites domiciliaires. Le gouvernement Michel (2014-2018) avait voulu autoriser les visites domiciliaires pour aller chercher des personnes sans papiers hébergées chez des particuliers. Face aux contestations, notamment de votre parti, il avait finalement fait marche arrière. Le gouvernement Arizona, dont vous faites partie, vient d’approuver un texte sur les visites domiciliaires. Qu’est-ce qui a changé en dix ans ?
Le projet est fondamentalement différent. Je suis offusqué de la caricature qu’en fait l’opposition. La première différence, c’est que la visite domiciliaire devra être approuvée par un juge d’instruction. Ce n’était pas le cas dans le projet précédent.
Si, c’était déjà le cas.
En tout cas, il y a des balises très claires dans le projet actuel. Les visites domiciliaires ne pourront être autorisées que pour des personnes ayant reçu un ordre de quitter le territoire et représentant un danger sérieux pour l’ordre public. Elles devront en outre être le recours ultime.
La notion de « danger pour l’ordre public » n’est-elle pas trop vague ? Ne va-t-on pas considérer qu’un manifestant pro-palestinien entre dans cette catégorie ?
À titre personnel, j’aurais préféré qu’on précise plus finement ce que cela recouvre. On verra ce qu’en dira le Conseil d’État. Mais participer à une manifestation ne peut pas être un motif pour effectuer une visite domiciliaire. Même avoir commis une infraction pénale ne pourra être considéré comme suffisant. Il faut que le danger que représente la personne pour l’ordre public soit sérieux et imminent. On est aux antipodes de la police ICE qui, aux États-Unis, fait n’importe quoi, sans mandat.
Cette loi est-elle bien nécessaire ? La justice dispose déjà de moyens légaux pour entrer dans un domicile pour appréhender une personne dangereuse.
On peut se poser la question. Ce qui montre bien que nous avons réussi à mettre des balises claires et que cette loi n’est pas le drame annoncé par certains.
guillement
On peut se poser la question de l’utilité de cette loi. Cela montre bien que nous avons réussi à mettre des balises claires et que ce n’est pas le drame annoncé par certains.
Une telle loi ne va-t-elle pas participer à la criminalisation des étrangers aux yeux de l’opinion publique ?
Ce n’est en tout cas pas la manière dont nous considérons les étrangers ni ceux qui les hébergent. Le danger principal, ce serait de ne pas envoyer le signal à la population que nous ne gérons pas les personnes en situation irrégulière représentant un danger pour la sécurité nationale. Ce serait faire le lit de l’extrême-droite.