Quatre heures trente à cinq heures par jour. C’est le temps que passe, en moyenne, un Américain sur son smartphone, indique The Washington Post. Même en considérant la fourchette basse des sondages – deux à trois heures quotidiennes – “cela représente tout de même un mois et demi par an pendant lequel on ne fait rien d’autre” que d’être scotché à un écran.

Au-delà des effets néfastes sur notre vie sociale et notre santé mentale, “de plus en plus d’études estiment qu’une utilisation intensive des réseaux sociaux […] a des effets cognitifs notables (sur l’attention, la mémoire et la concentration), qui s’apparenteraient, selon certains chercheurs, à du vieillissement accéléré”, rapporte la journaliste Ariana Eunjung Cha.

Faut-il pour autant s’en alarmer ? Pas forcément, pointe le journal américain. Car ces effets sont réversibles, grâce à une solution des plus accessibles : “Faire une pause”. “On pourrait croire que les cures de désintoxication numérique ne sont qu’un phénomène de mode, concède Ariana Eunjung Cha. Mais dans l’une des plus grandes études menées à ce jour, publiée dans PNAS Nexus et portant sur plus de 467 participants, âgés, en moyenne, de 32 ans, même une courte période de déconnexion peut donner des résultats étonnants : cela efface dix ans de déclin cognitif lié à l’âge.”

Des bénéfices observables rapidement

Quatorze jours durant, les participants étaient privés d’accès à Internet sur leurs téléphones, grâce à l’application Freedom. Seuls les SMS et les appels étaient autorisés. “À la fin de cette période, [ils] ont constaté des améliorations au niveau de leur capacité d’attention soutenue, de leur santé mentale, ainsi que de leur bien-être ressenti”, indique le Washington Post.

Plus surprenant : les bénéfices de ce sevrage numérique ont été observés même chez des participants ayant triché. “Il n’est pas nécessaire de se priver indéfiniment, affirme Kostadin Kushlev, professeur associé de psychologie à l’université de Georgetown, coauteur de l’étude. Même une désintoxication numérique partielle, ne serait-ce que durant quelques jours, semble porter ses fruits.”

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