Vous revendiquez un débat sans langue de bois. Est-ce devenu plus compliqué aujourd’hui qu’au début, il y a sept ans ?

J’ai toujours voulu un vrai débat. Ce qui m’étonne toujours, c’est que les gens parfois très agressifs derrière leur clavier, quand on les accueille dans la discussion, le dialogue est toujours possible. C’est ça, l’intérêt de la radio en 2026 : le vrai dialogue et le direct. Ma seule limite, c’est la loi : les appels à la haine ou à la violence n’ont pas leur place dans l’émission.

Mon tandem avec Marianne Virlée compte beaucoup aussi.

« C’est pas fini » ne fait pas parler d’elle en termes de polémique, contrairement à son alter ego matinal « C’est vous qui le dites ». Comment expliquez-vous cela ?

Les deux émissions sont franchement différentes. C’est une question de personnalité, de format, d’heure de diffusion et de ton. Un petit sourire désamorce parfois des dérapages. C’est ce qu’on appelle de l’infotainment : informer et divertir à la fois. Mon tandem avec Marianne Virlée compte beaucoup aussi. Elle, c’est « Marianne des campagnes », moi c’est plutôt « Patrick des villes ». On se complète.

Depuis janvier, l’émission accueille des auditeurs sur le plateau. Cela change quelque chose à la dynamique ?

C’est encore plus compliqué pour moi ! (rires) Je gère l’équipe des débatteurs, un invité quotidien, et maintenant aussi des auditeurs en plateau. On a constitué un pool d’habitués. Mon job, c’est de mettre les gens à l’aise. Les premières minutes, ils sont parfois timides, mais une fois lancés, ils sont contents. J’aime aussi accueillir des jeunes, qui pensent que nous sommes un média de vieux. Chaque fois, en sortant, ils me disent : « En fait, vous êtes libres. »

Sur mille émissions, y a-t-il un débat qui vous a particulièrement marqué ou qui a changé votre façon de voir les choses ?

On a un auditeur carolo, Cédric, qui est non-voyant. Au début, il nous envoyait toujours des messages WhatsApp très longs, et je ne comprenais pas pourquoi. Un jour il m’a expliqué qu’il utilisait un système vocal car il était non-voyant. Je l’ai invité sur le plateau. On s’est tous bandé les yeux et on a fait deux heures d’émission dans le noir complet. Se mettre à sa place pour comprendre sa réalité, c’est une des choses les plus précieuses qu’on ait faites.

On va faire monter un maximum de débatteurs sur scène. Certains ont quitté l’émission en cours de route mais reviendront faire un clin d’œil.

Qu’est-ce que vous prévoyez pour cette 1000e émission ?

Ce sera une émission en public, avec beaucoup plus de public qu’à l’ordinaire. On va faire monter un maximum de débatteurs sur scène. Certains ont quitté l’émission en cours de route mais reviendront faire un clin d’œil. Je veux aussi révéler les rapports entre les uns et les autres : faire taire Anne Gruwez, par exemple, c’est mission impossible (rires)

Philippe Boxho sera de retour…

Oui ! Philippe est quelqu’un d’important pour moi. Pendant le Covid, il a été là, quotidiennement. Je n’oublierai jamais ça. C’est devenu un ami cher.

Après mille émissions, qu’est-ce que vous changeriez ?

Si je pouvais, je ferais plus d’émissions en public. C’est un grand bonheur, même si c’est difficile à mettre en place financièrement. Et j’aimerais aussi qu’on ait une meilleure visibilité en télé : l’émission est rediffusée dans la boucle de nuit sur La Une mais à un horaire compliqué.

Vous avez d’autres projets ?

Je suis en plein tournage de la nouvelle saison de J’ai les clés. Hier j’étais à l’abbaye de Maredsous. La diffusion commencera en juillet. J’ai aussi un projet de documentaire. C’est plus compliqué à financer qu’avant, mais je ne désespère pas. Je ne vais pas vous donner le sujet, mais la RTBF est intéressée.