Candide Renard avait 21 ans à l'époque.Candide Renard avait 21 ans à l'époque.Candide Renard avait 21 ans à l’époque. ©BELGA

Elle décrit des baisers imposés sur la bouche ainsi que des attouchements sur le sexe, le ventre et la poitrine. Le tournage est immédiatement interrompu par Adventure Line Productions. De retour en France, la jeune femme dépose plainte. Une information judiciaire est ouverte par le parquet de Nancy. Eddy Guyot est mis en examen en 2022. Depuis, il a toujours nié les faits.

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C’est tout récemment qu’est survenu l’élément le plus troublant du dossier. Une expertise génétique réalisée le 24 novembre dernier a établi que les cellules épithéliales masculines – des résidus de peau – retrouvées à l’intérieur du legging que portait Candide Renard cette nuit-là, au niveau de l’entrejambe n’appartiennent pas à Eddy Guyot, mais bien à Fabien J., un autre candidat qui dormait lui aussi aux côtés de la jeune femme.

Pour la défense du mis en examen, cette découverte est décisive. Son avocat, Jérémie Assous, souligne « la présence d’un ADN tiers, appartenant à un homme niant tout contact, relevé précisément à l’endroit allégué de l’atteinte. » L’avocat réclame depuis plusieurs années cette comparaison : dès 2020, une première expertise avait déjà exclu que les cellules épithéliales trouvées sur le vêtement soient celles d’Eddy Guyot.

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Fabien J. nie catégoriquement tout attouchement. « Je dormais », a-t-il déclaré aux enquêteurs, rejetant tout « rapprochement intime ou physique » avec Candide Renard sur le tournage. Il avance l’hypothèse d’un transfert d’ADN involontaire, les candidats étant « collés les uns aux autres » durant leur sommeil.

Candide Renard, de son côté, maintient fermement ses accusations contre Eddy Guyot. Entendue le 12 janvier 2026 par la juge d’instruction, elle a déclaré : « Je sais que c’est Eddy Guyot qui m’a agressée. » Elle suggère quant à elle que l’ADN de Fabien J. a pu se déposer sur le legging lors du séchage des vêtements, une pratique courante sur le tournage. Son avocat, Léon Del Forno, estime que « la présence de ce mélange d’ADN ne change strictement rien au dossier ni aux charges pesant contre Eddy Guyot », précisant qu’il s’agit d' » un ADN de contact, potentiellement indirect. »

La justice maintient le cap

La juge d’instruction n’a pas suivi la défense. Le 23 mars dernier, elle a refusé les nouveaux actes d’enquête demandés — dont une confrontation entre les trois protagonistes —, estimant que « la présence de cellules épithéliales de Fabien J. sur le vêtement ne permet aucunement à elle seule de le mettre en cause comme auteur d’une agression sexuelle » et « n’enlève en rien les charges pesant sur Eddy Guyot. » La magistrate doit désormais décider, après avis du parquet de Nancy, si l’affaire doit être renvoyée en procès.

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La cour d’appel de Nancy avait déjà, en mars 2024, confirmé la mise en examen d’Eddy Guyot, relevant notamment la « constance globale et la fiabilité » des déclarations de la plaignante, son « état de stress post-traumatique », ainsi que le comportement « très tactile » et parfois « agressif » du mis en examen envers d’autres candidats. Le casier judiciaire de ce commerçant forain comporte par ailleurs deux condamnations pour violences.