Comme les Rouches le week-end dernier, l’OM a sans doute touché le fond lors de son déplacement à Bruges en Champions League achevé sur le même score (3-0). Et comme chez les Liégeois, les fans en ont marre. En attestent la grève ce samedi au Vélodrome (les supporters des virages ne sont entrés qu’après 15 minutes), les sifflets venus des tribunes ou les banderoles dirigées contre la direction.
« Virage vide en signe de contestation, pour un club en auto-destruction », « Vous avez fait sauter le fusible mais c’est tout le système qui est pourri », ou « Tous vos projets partent en fumée depuis toutes ces années gâchées », pouvait-on lire.
Dans ces conditions d’extrême tension, il était inévitable que des joueurs perdent leur sang-froid sur le terrain (certains ont montré des signes d’extrême frustration après le match) ou que les supporters phocéens tentent une incursion pour aller voir la direction. À l’image de ceux du Standard qui voulaient pénétrer dans le vestiaire, un groupe de Marseillais, armé de fumigènes, voulait entrer dans le salon présidentiel après le match. Il a fallu l’intervention des stadiers et des CRS.
Toujours pas d’entraîneur
« L’équipe n’est pas malade, mais elle est en grande difficulté, a admis Jacques Abardonado, l’entraîneur intérimaire. Il faut l’aider. Il faut penser au futur. Si on regarde derrière, ça fout le vertige. On doit tuer ce match. Un penalty à la 90e + 6, ça fait très mal aux têtes. Pour un joueur, le psychologique, c’est 80 % du potentiel. Les joueurs sont atteints. »
La direction, chahutée par les fans, tente pendant ce temps de se trouver un nouvel entraîneur. Cinq jours après avoir acté la séparation avec Roberto De Zerbi, aucun successeur n’a été nommé (au contraire de Tottenham, qui a agi plus rapidement et nommé Igor Tudor ce samedi pour remplacer Thomas Frank). À l’instar d’Anderlecht, qui a licencié Besnik Hasi le 2 février et n’a toujours pas nommé de remplaçant.
Comme celui d’Alfed Schreuder chez les Mauves, le nom d’Habib Beye est néanmoins cité avec insistance à l’OM. Et ce, même si l’avenir du directeur sportif Medhi Benatia reste incertain. Néanmoins, c’est bien lui qui devrait choisir le nouvel entraîneur, contrairement à Anderlecht – où Olivier Renard a été remercié – et qui a décidé d’opérer son choix en interne en attendant de trouver un nouveau directeur sportif.