Anges ou démons. Depuis une semaine, Les Anges ont signé leur retour en quotidienne, sur TFX. Diffusé en access prime time, le programme alliant rencontres amoureuses, fous rires et vives tensions n’est pas vraiment au septième ciel en matière d’audiences. Et si cette treizième saison de la téléréalité culte, qui a révélé Nabilla, était celle de trop ?

Loin des yeux, loin du cœur

Depuis la dernière saison proposée sur NRJ12 il y a six ans, Les Anges semblaient s’être envolés au paradis du paysage audiovisuel français (PAF). Pourtant, en ce début d’année, c’est TFX (canal 11 de la TNT), chaîne du groupe TF1, qui a tenté de faire renaître cette téléréalité, qui affichait de très belles audiences lors de son lancement, en 2011.

Après une semaine de diffusion non plus en « after-school » (après l’école), mais en access prime time (avant le film de première partie de soirée), Les Anges à Miami – « the » destination des grandes heures du programme – ne surfent pas sur l’attente du public. Le jour du lancement de la saison 13 sur TFX, Les Anges ont réuni 159.000 téléspectateurs, soit 0,9 % de part d’audiences. Pire, l’émission ne fidélise pas, avec 110.000 téléspectateurs (0,7 % de PDA) dénombrés en fin de semaine dernière. « J’étais très étonnée de ce positionnement en access prime time, témoigne Virginie Spies, sémiologue et analyste des médias audiovisuels. C’était une émission  »after school ». »

Les projets pros, simples « prétextes » ?

Au-delà de ce changement de case horaire, TFX a conservé le principe qui a fait les belles heures des Anges : s’appuyer sur des candidats issus de différentes téléréalités (Vivian Grimigni, Nicolo Ferrari, Maïssane Aghioul, Tom Bruss ou encore Solène Favreau) vivants ensemble dans une villa. « Ce ne sont pas des superstars, commente l’experte, mais des influenceurs, pas les plus connus. Et, pour ce genre de programme, le succès repose avant tout sur le casting. On le voit avec  »Koh-Lanta » par exemple. »

Dans Les Anges, les candidats et les candidates doivent développer un projet professionnel aux Etats-Unis et enchaînent, pour cela, les castings, les rendez-vous et les opportunités. Cette année, moins de place aux rêves dans le programme de TFX, avec des projets présentés comme plus concrets et plus crédibles : se faire une place dans le mannequinat ou encore se lancer dans une carrière de chanteur ou d’humoriste. « Les projets professionnels ne semblent être qu’un prétexte », souligne Virginie Spies, pour qui il existe un vrai décalage entre l’annonce du retour des Anges et le contenu des épisodes. « J’ai analysé le générique au début de l’émission, confie Virginie Spies. On y voit des citations, disant que leur  »vie a complètement basculé », qu’ils ont  »marqué l’histoire de la téléréalité »… La production a beaucoup insisté sur le retour de cette émission, mais ces citations sont très peu crédibles. »

« Il aurait fallu un All stars »

Le combo « drama-love-job » ne semble plus toucher le cœur des téléspectateurs. « Je pense qu’il y a ce côté déjà vu », estime même la spécialiste des médias. D’autant que le programme lancé au début des années 2010 doit faire face à une concurrence accrue, que ce soit avec The Power sur W9, ou encore Les Menteurs sur TFX. Pour Virginie Spies, TFX fait du « neuf avec du vieux » avec cette énième saison des Anges, qui « manque d’un aspect ludique ».

Pour autant, l’experte médias, qui compte des milliers d’abonnés sur Instagram et TikTok, ne pense pas que ce soit la fin « d’une certaine téléréalité », car Les Anges garde de la visibilité sur les réseaux sociaux, où les séquences restent partagées et commentées. Elle insiste davantage sur l’importance du casting qui, insiste-t-elle, pêche trop dans cette nouvelle monture. « Il aurait fallu un all-star des  »Anges », conclut l’experte. Après, des personnalités comme Nabila ont désormais leur business, elles n’ont plus besoin d’aller dans ces téléréalités. Ou, à l’inverse, il aurait fallu relancer l’aventure avec des inconnus. » Reste à savoir si Les Anges ne s’est pas définitivement brûlé les ailes…