Une autre Belge, attachée de presse elle aussi dans le secteur cinématographique, avait quant à elle choisi de témoigner, anonymement, mais sans porter plainte, quelques jours plus tard.

« C’est lui à une époque qui aurait pu porter plainte pour agression sexuelle »: Patrick Bruel reçoit le soutien d’Anny Duperey

Aujourd’hui, c’est le magazine Elle qui révèle quatre nouveaux témoignages de femmes. Deux d’entre elles auraient, elles aussi, déposé plainte.

Elle voulait percer dans la musique

À commencer par Ophélie Fajfer. La jeune femme avait déposé plainte en 2021, avant que celle-ci ne soit classée sans suite en 2022. Un dossier qui pourrait aujourd’hui être relancé, comme l’indique le magazine, qui précise que la plainte aurait été transmise pour réexamen au parquet de Saint-Malo.

Si la jeune femme ne souhaitait pas témoigner publiquement à l’époque, c’est, là encore, l’effet Mediapart qui lui aurait fait changer d’avis. Fan de musique, elle croise la route du chanteur en 2015, alors qu’elle participe comme figurante au tournage du clip des Enfoirés à Montpellier. Elle confie alors ne pas vraiment savoir qui est Patrick Bruel : « Je voulais surtout croiser Pascal Obispo pour lui faire écouter mes chansons », explique-t-elle. Mais c’est finalement avec l’interprète de Qui a le droit qu’elle entame des échanges sur Facebook, dans l’espoir, dit-elle, d’évoluer dans la musique. Et c’est dans ce même objectif qu’elle accepte, bien qu’hésitante, de se rendre dans sa propriété de l’Isle-sur-la-Sorgue.

C’est dans cette propriété qu’elle affirme avoir subi une agression sexuelle de la part du chanteur. D’abord, raconte-t-elle, Patrick Bruel aurait cherché à l’embrasser. « Il a aspiré ma langue, ça m’a dégoûtée, je n’avais aucune expérience, à part un simple baiser avec un garçon », confie-t-elle. Puis, c’est au bord de la piscine que la situation aurait basculé. Refusant dans un premier temps de le rejoindre dans l’eau, la jeune femme raconte que le chanteur aurait alors changé d’attitude. Paniquée, elle explique avoir fini par le rejoindre, en sous-vêtements.

C’est là, dans la piscine, qu’elle affirme qu’il l’aurait pénétrée avec un doigt. « Patrick, tu me fais mal », lui aurait-elle lancé. Elle assure ensuite qu’il lui aurait pris la main pour la poser sur son sexe en érection. « C’était la première fois que je voyais le sexe d’un homme », confie-t-elle encore à Elle. Plus loin, elle ajoute : « Pour éviter le pire, et afin de me protéger, j’ai dû le masturber pour qu’il se calme. »

Trois autres témoignages

Le magazine relate également trois autres témoignages, anonymes cette fois.

Le premier concerne une journaliste culturelle qu’il aurait croisé en 2000. Invitée à monter dans sa chambre d’hôtel, elle n’y voit d’abord rien d’anormal : « On fait souvent des interviews dans les suites d’hôtels, je ne me suis donc pas méfiée », explique-t-elle. Elle affirme pourtant s’être retrouvée, en quelques secondes, au sol, sous le poids de la star. « J’ai fait confiance à son enthousiasme, et je me suis retrouvée dans un truc sale, glauque que je n’aurais jamais imaginé vivre un jour. » Selon le magazine, ce témoignage pourrait aujourd’hui alourdir le dossier, une plainte pour tentative de viol ayant été déposée à Paris.

« Un affront à toutes les victimes »: un collectif s’oppose à la tournée de Patrick Bruel et demande son annulation« Il a fini par éjaculer sur le dessus-de-lit »

Enfin, deux anciennes salariées du label BMG (Bertelsmann Music Group) de Patrick Bruel se sont elles aussi ajoutées à la liste des témoignages. L’une d’elles affirme avoir été agressée à deux reprises. « Tu sens l’effet que tu me fais, tu sens comme elle est grosse et dure ? », lui aurait-il dit, vêtu seulement d’un peignoir, en se collant à elle. Quelques mois plus tard, alors qu’elle se charge d’organiser une interview téléphonique, une nouvelle agression aurait eu lieu. « J’ai encore tenté de le repousser, il se frottait contre moi, il a fini par éjaculer sur le dessus-de-lit », explique-t-elle.

Une autre employée affirme, elle aussi, avoir vécu une scène non consentie avec la star. Elle indique également avoir été mise au courant des faits présumés concernant sa collègue. Mais si elle affirme ne plus avoir eu de problème après avoir refusé ses avances, elle souligne néanmoins un climat connu en interne : « Le sujet était à la fois connu dans l’entreprise, et pas traité. »

Contactés par nos confrères, les avocats du chanteur contestent fermement « les allégations de violence, de brutalité ou de contrainte », assurant qu’il « n’a jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel ».

À ce stade, Patrick Bruel reste présumé innocent.