PFAS: les concentrations suivies de près autour de l’aéroport, qui semble être le seul à avoir contaminé les sols et les eaux souterrainesDes coupables identifiés
L’étude, conduite auprès de plus de 1.600 participants et fondée sur des analyses sanguines croisées avec des questionnaires détaillés sur les habitudes de vie, identifie plusieurs facteurs déterminants. L’âge et le sexe jouent un rôle – les hommes et les personnes plus âgées présentent généralement des concentrations plus élevées. La durée de résidence dans la zone aussi : vivre sur place depuis plus de dix ans est associé à des niveaux d’imprégnation plus importants.
Mais deux facteurs se distinguent nettement. La consommation d’eau du robinet durant la période de contamination ressort comme un déterminant majeur. Les personnes qui en ont bu régulièrement affichent des concentrations en Pfas sensiblement plus élevées. Second facteur pointé : la consommation d’œufs issus d’élevages domestiques. Les jardins potagers et poulaillers familiaux, alimentés par des sols ou des eaux contaminés, constituent un vecteur d’exposition non négligeable. Les produits de la mer contribuent également, dans une moindre mesure, tout comme certains textiles, cosmétiques et produits d’hygiène – bien que leur impact apparaisse plus limité au regard des résultats.
Des recommandations concrètes
Sur la base de ces conclusions, l’ISSeP formule plusieurs recommandations. La surveillance stricte de la qualité de l’eau potable doit être maintenue, un dispositif déjà en place en Wallonie. Par mesure de précaution, il est conseillé aux habitants des zones concernées d’éviter la consommation d’œufs issus de leur propre production, dans l’attente d’analyses complémentaires. Une étude spécifique sur les œufs d’autoproduction, à l’échelle de ces zones mais aussi de l’ensemble de la Wallonie, est également jugée pertinente. À un niveau plus large, la Wallonie entend affiner la cartographie des Pfas dans les sols, réduire les rejets industriels et soutenir les initiatives européennes visant à interdire ces substances à la source.
Une entreprise belge a encore rejeté des eaux usées contenant des PFAS en 2025
Le ministre wallon de la Santé et de l’Environnement, Yves Coppieters, se félicite de l’avancée que représente cette publication. « Nous refermons aujourd’hui un chapitre important pour les citoyens : celui qui nous a permis de mesurer, comprendre et expliquer les différentes expositions aux Pfas. » Il souligne également la réactivité des distributeurs d’eau, « désormais proactifs pour anticiper les normes européennes », tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les investigations et d’améliorer le cadre réglementaire.