Photomatons permettant d’endosser, via l’intelligence artificielle, les tenues les plus emblématiques de Michael Jackson, stand de merchandising avec vinyles colorisés et pictures discs, piste de moonwalk dance, parties de billard dans un décor identique à celui de la séquence d’ouverture du clip de « Beat It » ou encore portions XXL de pop-corn servies dans le même emballage en carton aperçu dans une des scènes cultes du court-métrage « Thriller »… Le happening rappelle non seulement que la Jackson Mania est plus forte que jamais auprès de la génération Z, largement représentée -et invitée- à Berlin. Il confirme aussi que la popularité du chanteur reste imperméable à toutes les accusations de pédocriminalité portées à son égard.
A l’interminable procès de Michael Jackson, une accusation véhémente, certaines preuves mais une contradictionBiopic édulcoré
De ces affaires de mœurs, révélées en 1993, puis en 2003, sans qu’aucune condamnation au pénal ou au civil ne soit prononcée, il n’en est bien sûr pas question dans le biopic. Le public présent à l’avant-première, tout comme les médias, ont dû s’engager à ne rien divulguer du film avant 21 avril, veille de sa sortie officielle. Mais c’est un secret de polichinelle. Réalisé par Antoine Fuqua (la franchise The Equalizer), Michael est coproduit par Graham King (Bohemian Rhapsody) et John Branca, ancien manager du chanteur, exécuteur testamentaire de son patrimoine artistique et le président de la Michael Jackson Company. En accord avec la majorité du clan Jackson – à l’exception de Janet Jackson, absente à Berlin et jamais mentionnée dans le film-, le récit se concentre sur l’enfance du chanteur, sa relation complexe avec son père qui le battait à coups de ceinture, la carrière des Jackson 5 et ses débuts en solo. La chronologie du film s’interrompt bien avant l’émergence des « affaires » et ses derniers disques. Ce qui explique aussi pourquoi la rumeur d’une suite s’est encore amplifiée dans les travées du Uber Eats Music Hall.
Comme nous le déclarait Jaafar Jackson (interview à lire la semaine prochaine), le neveu de Michael, qui incarne son oncle adulte à l’écran, le biopic se veut avant tout « une célébration ». À l’issue de la projection, les commentaires portaient, du reste, moins sur le scénario que sur les performances vocales et chorégraphiques de Jaafar Jackson et de Juliano Krue Valdi, remarquable en jeune Michael, période Jackson 5.
« Les enfants finissent par tomber amoureux de ma personnalité » : des enregistrements inédits de Michael Jackson refont surfaceAttentes financières énormes
Polémiques ou pas, les attentes sont énormes. Dix-sept ans après le décès de Michael Jackson, son empire demeure florissant. En 2025, il arrivait pour la treizième fois en tête du classement Forbes des célébrités défuntes ayant généré le plus de revenus : 105 millions de dollars de revenus sur l’année fiscale écoulée, 3,5 milliards de dollars depuis sa disparition en 2009.
Sur Spotify, Michael Jackson a atteint en 2025 le cap des 60 millions d’auditeurs mensuels. Pour Karim Fadoul, notre confrère de la RTBF, présent comme nous à Berlin, cette popularité s’explique aussi par la « validation » de Michael Jackson sur les réseaux sociaux. « Bien plus que d’autres icônes disparues comme Elvis Presley, Jim Morrison, voire Bob Marley, Michael Jackson s’est imposé auprès de la génération TikTok. Challenges, chorégraphies, détournements d’images… Ses clips ne cessent d’être réinventés. Les producteurs de Michael ne sont pas idiots. C’est aussi ce public-là que vise un biopic qui laisse une large place à ses tubes. »
Tensions dans le clan Jackson : Janet critique violemment le biopic Michael Jackson
Selon le magazine Variety, le studio Lionsgate table sur 700 millions de dollars de recettes pour le film. Ce chiffre placerait Michael loin devant toutes les productions du genre, à l’exception de Bohemian Rhapsody, le biopic consacré à Queen (910 millions de dollars). Largement dans le film, voire pour certaines, jouées dans leur intégralité, des chansons comme « Beat It », « Billie Jean », « Thriller » ou encore « Don’t Stop Till You Get Enough » remontent déjà dans les classements alors que la bande-originale, Michael : Songs from the Motion Picture, n’est pas attendue avant le 24 avril. Déjà portée par le buzz et de l’effet de la bande-annonce de Michael dans laquelle Jaafar Jackson danse de manière bluffante sur « Bad », The Ones, dernière compilation officielle du chanteur parue en 2003, a réintégré le mois dernier le top 3 des albums les plus streamés. Bonnes ou mauvaises, les critiques du film n’y changeront rien : la Jackson Mania ne fait que débuter.
Critique et interviews la semaine prochaine.
Lundi 27 France 4 21h00 Michael Jackson : An American Tragedy Inédit.
Mar 28 Tipik 20h05 Jackson, l’envers d’une légende