Dison a regardé le niveau de taxation des communes voisines. « Pepinster, notamment, a touché à ses taxes (NDLR : le précompte immobilier est passé de 2600 à 2800 centimes additionnels, « pour aller chercher de l’argent à l’extérieur en limitant l’impact sur les Pepins », avait déclaré le bourgmestre Philippe Godin en séance du conseil communal le 10 novembre dernier, tout en regrettant l’absence d’alternative après les inondations et la perte « de centaines d’habitants »). Verviers n’a pas modifié ses taxes, mais elles sont plus élevées. » Et Régis Decerf de citer également Aubel (de 2500 à 2800 centimes additionnels, face aux coûts de la crèche ou du CPAS) et Spa. « Et à entendre comment fonctionnent d’autres communes, je crois que certaines vont devoir y passer aussi. »
Forcément, à Dison, « personne n’est content ». « Et moi non plus, en tant que citoyen je ne suis pas ravi d’avoir une fiscalité plus élevée. Mais à un moment, on doit faire des choix difficiles. On a déjà réalisé de sérieuses économies sur le fonctionnement, sur le personnel… Mais nous devons être à l’équilibre fin d’année, contrairement à la Région ou au Fédéral. Quand on se retrouve coincé après avoir diminué au maximum les dépenses, on doit rééquilibrer la balance budgétaire », termine l’échevin.
Un « tax shift » à Spa
Le précompte immobilier a été modifié dans quatre communes de la région de Verviers. ©EDA
Le 18 décembre 2025, à Spa, le bourgmestre et échevin des Finances Nicolas Tefnin parvenait à l’approbation (11 voix pour, une abstention et sept voix contre) d’un changement tant à l’IPP (de 7,5 % à 7 %) qu’aux centimes additionnels au précompte immobilier (de 2500 à 2800). L’idée ? « Faire contribuer les épaules les plus larges », diminuer la fiscalité sur les Spadois et aller compenser la perte via les propriétaires (notamment d’une seconde résidence). « On n’a pas inventé grand-chose, on a fait ce que Malmedy avait déjà fait, et pour les mêmes raisons, sait Nicolas Tefnin. On a 50 % de locataires sur notre territoire, et eux peuvent avoir un avantage direct en bénéficiant de la diminution de l’IPP. Les propriétaires spadois payent un peu plus au précompte, et le défi c’est que cette augmentation soit contrebalancée par la diminution de l’IPP. L’idée étant de faire payer un peu plus les propriétaires de seconde résidence, de gîtes. »
Le bourgmestre l’avoue, « les gens n’ont pas tout de suite bien compris ». « J’ai eu beaucoup de rendez-vous lors de mes permanences suite à cette décision. Les services ont pu calculer l’impact pour les Spadois, et de manière générale c’était positif. Ou parfois une majoration minime, une quinzaine d’euros l’année. Pour un ménage, par exemple, le couple aura une double réduction de l’IPP et une seule hausse au précompte », conclut-il.