Le scénario est cruel. Hyundai savait en arrivant en Croatie que la victoire ne serait pas évidente — l’équipe coréenne reconnaissait elle-même ne pas avoir « la vitesse ultime pour gagner ce rallye ». Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe ont pourtant réussi l’exploit de s’emparer de la tête de l’épreuve, avant de voir leurs espoirs s’envoler lors de la dernière spéciale. Rescapé de l’ES14, qui a vu plusieurs pilotes crever — dont Takamoto Katsuta et Sami Pajari, qui était à la lutte pour le victoire —, le Belge avait une avance plus que confortable à l’amorce de la dernière spéciale. Cependant, il a glissé dans un virage et a pris la mauvaise route, tout en tapant sa Hyundai i20, détruisant son pneu et sa suspension avant droite.
Andrew Wheatley ne cache pas la douleur du moment : « Ils ont travaillé incroyablement dur. Pas seulement aujourd’hui, pas hier, mais depuis trois mois pour essayer de construire le rythme, encore et encore », a-t-il expliqué au micro d’AUTOhebdo. Le directeur sportif replace néanmoins cette déception dans un contexte plus large. Les semaines précédant la Croatie avaient été compliquées pour Hyundai, avec des problèmes lors des essais qui auraient pu peser sur les performances en course.
Ce ne fut finalement pas le cas, et Wheatley y voit un signe encourageant : « Hier (samedi. Ndlr) nous avons vu une bonne étape. Thierry a fait un grand pas et l’équipe a fait un grand pas. Sur cette surface, nous avons senti que nous commencions à avoir le feeling de la performance que nous devions atteindre. » Une progression réelle, même si elle n’a pas suffi à ramener le résultat espéré.
Paddon sur le podium et la promesse d’un retour en force
Dans ce tableau sombre, Andrew Wheatley s’accroche à deux points positifs. Le premier est le podium décroché par Hayden Paddon et John Kennard, qu’il qualifie de « fantastique histoire ». Le second, plus fondamental, est la conviction que la dynamique de développement de l’équipe va dans le bon sens. « Il ne s’agit pas de ce que nous faisons aujourd’hui, car aujourd’hui c’est fini. Il s’agit de ce que nous ferons demain. Nous devons prendre 12 heures pour nous calmer, et demain matin, nous devons nous battre — vraiment, vraiment nous battre, comme des lions. »
Car le championnat, prévient-il, va se compliquer avant de s’améliorer. Hyundai parie sur une montée en puissance dans la deuxième partie de saison, avec la certitude que les progrès engrangés finiront par se traduire en résultats. Le prochain rendez-vous, le Rallye des Canaries du 23 au 26 avril, sera un premier test de cette capacité de résilience.
Propos recueillis par Pierre Barré, en Croatie.
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