La Belgique est-elle vraiment la championne d’Europe des malades de longue durée ?Terug naar werk

Mardi, à la Chambre, les députés nationalistes ont bombardé de questions le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), sur le fameux « Terug naar werk » – ce plan de remise à l’emploi des malades dont les effets tardent à arriver. « On continue à tout déchirer et on ne se laisse pas intimider », s’est félicité Axel Ronse.

Le ministre Vandenbroucke a reconnu que le contenu du rapport était « inquiétant », tout en pointant un manque de clarté dans sa méthodologie. Le socialiste s’est néanmoins emparé du dossier pour retourner la charge contre l’avant-dernier gouvernement fédéral auquel participait… la N-VA.

Voici le plan du ministre Vandenbroucke pour remettre cent mille malades de longue durée au travail

« On y voit qu’une grande partie de l’échantillon des gens contrôlés ne répond plus aux critères d’incapacité de travail. C’est problématique. Je ne veux pas polémiquer au sens politique du terme mais ce que vous voyez dans ce rapport est un miroir de la politique qui se menait en 2020. 2020, c’est la fin de cinq années de Suédoise. »

La faute à la Suédoise

À l’époque du gouvernement Michel (N-VA, MR, Open VLD, CD & V), « des choses ont été réalisées en matière d’incapacité », a reconnu le vice-Premier. « Des mesures utiles ont été prises par [la ministre de la Santé] Maggie De Block concernant l’incapacité de travail et les indemnités. Mais le système lui-même — la façon dont les gens percevaient une indemnité, dont les décisions étaient prises, la durée des droits ouverts, la définition même de l’invalidité — n’a jamais été remis en question durant ces cinq années. Ni auparavant. »

Pour Frank Vandenbroucke, le rapport brandi par la N-VA reflète un système des indemnités « tout à fait inadapté » hérité d’une coalition à laquelle appartenaient les nationalistes flamands. « Jusqu’en 2020, les mutualités n’avaient aucune obligation de contrôler rapidement les personnes en incapacité. Celles-ci pouvaient disparaître très longtemps des radars. Même si un médecin avait dit que ce n’était que pour 2 ou 3 ans, le malade restait dans ce système jusqu’à ce que la mutualité le convoque — et sinon, il y demeurait. En 2020, après douze mois d’absence pour invalidité, il n’existait même plus d’obligation de certificat médical. Vous y restiez jusqu’à ce que la mutualité vous convoque. »

Voici le plan du ministre Vandenbroucke pour remettre cent mille malades de longue durée au travail« Enormément de travail »

Selon le ministre, « il y a probablement beaucoup de malades qui sont aptes au travail ». Il affirme avoir alerté ses partenaires de gouvernement dès la législature précédente, puis lors des négociations pour la formation de l’Arizona. Des réformes ont depuis été engagées, « heureusement », mais il admet qu’il y a encore « énormément de travail ».

Dorénavant, un travailleur ne pourra rester en incapacité plus de 12 mois si un médecin et une mutualité ne redonnent pas leur accord « sous le contrôle de l’Inami ».

Le rapport « secret » de l’Inami a toutes les allures d’une bombe politique. La N-VA a voulu la dégoupiller contre Frank Vandenbroucke, l’homme fort de Vooruit et défenseur acharné des mutuelles. Mais le ministre a retourné l’engin vers ses assaillants. Si la bombe venait à exploser, nul ne sait encore qui elle blesserait vraiment.