Les performances d’extraterrestre de Pogacar, qui gagne tout (ou presque) aussi bien sur les routes du Tour que sur les classiques, alimentent la suspicion. Trop fort, trop facile : pour certains, le Slovène serait chargé comme un baudet.

Une domination qui ravive le spectre de Lance Armstrong, à une époque où l’on gagnait le Tour sans transpirer. Il faut dire que ces décennies de triche organisée ont laissé une cicatrice profonde : aujourd’hui encore, chaque exploit est suspect.

Suspicion de dopage au Tour de France? « Prenez le vélo de Pogacar et vous roulerez plus vite qu’avec celui d’Armstrong », affirme un ancien coureur pro

S’extasier devant le récital du récent vainqueur du Tour des Flandres, deuxième de Paris-Roubaix, n’a rien d’anormal. Douter non plus. Là où le bât blesse, c’est dans l’incohérence de certaines réflexions.

Car lorsque Wout van Aert, chez nous, ou Paul Seixas, outre-Quiévrain, remportent respectivement Paris-Roubaix ou le Tour du pays basque, personne ne songe à les soupçonner dans leurs pays respectifs. Et à juste titre. Mais pourquoi l’exploit serait-il suspect lorsqu’il vient d’un coureur étranger, tout en étant accueilli avec admiration lorsqu’il concerne des athlètes nationaux ?

Lance Armstrong raconte sa descente aux enfers : « En un claquement de doigts, je suis passé de héros à zéro »

L’idée n’est certainement pas ici de dire que van Aert et Seixas sont dopés, loin de là, mais plutôt d’interroger notre chauvinisme sur ce double discours. Et si, finalement, on arrêtait de suspecter les sportifs qui nous font rêver, surtout quand ils sont étrangers ?

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.