En Angleterre, certains jeunes adultes ont alors dû opter pour une installation dans le jardin de leurs parents, via des annexes ou un garage.

« Cette méthode qu’utilisent de plus en plus de couples permet d’entretenir la passion. Mais il y a des risques… »Une première indépendance dans le jardin

Interviewés par The Times, plusieurs jeunes adultes britanniques expliquent leurs choix et l’adaptation nécessaire à leur nouveau quotidien.

Maisie Bright, 24 ans, a par exemple emménagé dans une annexe de la propriété de son père, où l’espace comprend une cuisine, un salon, une salle de bains et une chambre. Cet aménagement permet à la jeune femme d’avoir son propre espace de vie et d’entamer une forme d’indépendance. Dans son cas, elle ne paie pas de loyer, ce qui lui permet d’économiser. « Avoir son propre espace tout en restant proche de sa famille et en bénéficiant de son soutien est un bon compromis. Cela aide aussi les jeunes à gérer le coût élevé du logement et à épargner pour l’avenir », confie-t-elle auprès du quotidien.

Une autre jeune femme de 25 ans, Emily Smith, habite désormais dans un chalet au fond du jardin de ses parents. « Je ne voulais pas m’engager financièrement ni émotionnellement à vivre seule ou avec d’autres personnes, et je souhaitais avoir la liberté d’épargner pour mon avenir sans pression supplémentaire. Je savais que vivre dans ce chalet serait mieux pour mon bien-être, car cela me permettrait d’avoir de l’intimité tout en restant proche de ma famille après mes études universitaires », explique-t-elle au Times. Elle paie tout de même 200 livres (environ 230 euros) par mois pour le loyer, et revient fréquemment à la maison puisqu’elle n’a pas de cuisine et de salle de bains. Cela lui permet de passer du temps en famille à table.

« Je les regardais discuter entre eux » : quand la pause du midi avec les collègues devient un facteur d’angoisse pour certains jeunes…

Freddie Poser, directeur d’une association luttant pour le logement abordable au Royaume-Uni, souligne que la contrainte pour les jeunes est la pénurie de logements. À l’inverse, vivre dans un jardin leur permet de rester proches de leurs parents et d’avoir certains avantages financiers.

Et chez nous ?

En Belgique aussi, le phénomène existe. Selon Statbel, l’office belge de statistique, contacté par nos soins, près de 450 000 personnes âgées de 18 ans à 35 ans dans la population active vivent encore au domicile familial, soit 27 % du total.

Si l’on se limite aux 25-35 ans, l’on passe à 15 % (plus de 185 000 personnes) qui vivent toujours au domicile familial, avec le statut « d’enfant », nous indique Statbel.

Cette génération « Tanguy », en référence au film français où un jeune homme de 28 ans vit toujours chez ses parents, serait davantage présente notamment à cause de l’insertion plus tardive des jeunes sur le marché du travail, dans des conditions pas idéales, indique Jacques Marquet, sociologue de la famille à l’UCLouvain au Vif.

« On a vu la dégringolade » : comment les galeries Louise se sont vidées

Ce phénomène observé en Angleterre pourrait-il également voir le jour en Belgique ? Une chose est certaine : le prix de l’immobilier reste élevé. Les prix des loyers et de ventes continuent d’augmenter, notamment à Bruxelles. Le loyer moyen d’un appartement a en effet dépassé le cap des 1.300 euros, et atteint en moyenne 695€ pour un logement étudiant et 795€ pour un studio.

« Je suis reconnaissante envers mes parents de pouvoir démarrer ma vie plus sereinement. » Carole, 27 ans, habite actuellement chez ses parents. « Je préfère mettre de côté pour pouvoir directement acheter un bien immobilier plus tard », explique-t-elle. « Louer un appartement me ferait perdre de l’argent, étant donné la hausse du prix de l’immobilier en Belgique », souligne la jeune indépendante qui travaille désormais depuis trois ans.

Ces adultes qui retournent vivre chez leurs parents : « C’est ce qu’on appelle un cadeau mal emballé « 

Avant de rester dans l’habitat familial, Carole a demandé l’autorisation à ses parents pour être certaine que cela ne les dérangeait pas. « Ce sont des choses dont on a discuté au préalable. Mes parents sont au courant que cette décision est temporaire, et ils me soutiennent dans ma démarche », confie-t-elle.

Finalement, d’après Carole, vivre avec ses parents s’apparente aujourd’hui plus à une colocation qu’à la situation qu’elle a connue étant enfant. « Mon boulot m’impose des horaires décalés. Si je suis souvent de passage à la maison, je ne suis pas forcément présente au même moment que mes parents. Cette dynamique a permis aussi de changer leur perception de cohabitation et je ne dois pas leur rendre de comptes si je suis présente à la maison ou pas, à tel ou tel moment », précise celle qui ressent tout de même le désir d’indépendance et d’autonomie.