Ces déclarations interviennent alors que le roi Charles doit se rendre aux États-Unis au cours du mois. Il doit notamment s’adresser au Congrès américain et rencontrer le président américain en privé.
Un accord avantageux pour les Anglais
Les accords de droits de douane, initialement conclus entre les États-Unis et le Royaume-Uni, étaient pourtant assez favorables aux Anglais, en comparaison à ceux négociés par d’autres pays. Le Royaume-Uni avait en effet réussi à négocier des droits de douane de 10 % et de nombreuses exemptions avaient été prévues, notamment dans le secteur de l’aéronautique civile, l’automobile ou encore la sidérurgie. « Nous adoptons une approche calme et pragmatique, tout en restant réalistes. Des discussions constructives sont en cours avec les États-Unis en vue d’un accord plus large pour la prospérité économique », avait alors déclaré le Premier ministre anglais.
Le Royaume-Uni avait en contrepartie accepté d’ouvrir davantage son marché à l’éthanol ou au bœuf américains, suscitant des inquiétudes dans le pays.
Les États-Unis sont un marché crucial pour le Royaume-Uni. En effet, en 2024, près de 20 % des exportations de marchandises étaient destinées aux Américains, principalement des produits pharmaceutiques.
À noter toutefois que fin février, la Cour suprême a jugé les droits de douane illégaux. Donald Trump, furieux, avait alors annoncé une nouvelle surtaxe mondiale de 10 %.
La guerre qui change tout
Si, au moment de l’accord, Donald Trump avait loué ses bonnes relations avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, les liens transatlantiques se sont depuis détériorés, en particulier avec la guerre au Moyen-Orient, l’Américain déplorant le manque de soutien de Londres.
« C’est une relation où, quand nous leur avons demandé de l’aide, ils n’étaient pas là quand nous avions besoin d’eux, ils n’étaient pas là quand nous n’avions pas besoin d’eux, ils n’étaient pas là. Et ils ne sont toujours pas là », a-t-il déclaré à Sky News. Le gouvernement britannique, qui s’est longtemps efforcé de ménager Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, a récemment durci sa rhétorique à l’égard de son allié historique.
La ministre des Finances Rachel Reeves a dénoncé mardi la « folie » américaine de s’engager dans une guerre « sans plan de sortie clair » au Moyen-Orient.
Keir Starmer a lui déclaré lundi au Parlement que Donald Trump avait eu tort de menacer de détruire la civilisation iranienne, tandis que dimanche, le ministre de la Santé Wes Streeting a critiqué son langage « incendiaire, provocateur et scandaleux ».
La « méthode Trump »
Ce n’est pas la première fois que le président américain menace de représailles commerciales un pays en désaccord avec lui. Pour rappel, début mars, Donald Trump avait menacé de couper tout commerce avec l’Espagne car le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, n’avait pas autorisé les États-Unis à utiliser les deux bases militaires américaines présentes sur le sol espagnol pour mener des frappes en Iran.
Donald Trump avait alors averti le Royaume-Uni à ce moment-là : le pays aurait mis « beaucoup trop de temps » à autoriser l’usage d’une base militaire américaine localisée sur une île britannique. « Trump en veut beaucoup aux Britanniques qui refusent de participer à cette guerre. Ceux-ci considèrent en effet que cette guerre est illégale, ce qui met Trump en fureur. Donc on peut imaginer qu’ils s’en prennent à une série de pays qui sont opposés à sa politique au Moyen-Orient, notamment en jouant sur le commerce. C’est une possibilité », estimait alors Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of management, Paris et Lille.