Avec l’arrêt d’Entropy, c’est une nouvelle belle adresse de la gastronomie qui disparaît à Bruxelles

La boîte de nuit Royale Layalina, tenue par Grigoryan Levon, est à la limite du périmètre, rue Royale. Sauf que, contrairement aux cafés et snacks, eux aussi touchés par la fermeture imposée, les boîtes de nuit peuvent difficilement ouvrir en journée. « Nous sommes dans l’impossibilité totale d’adapter notre activité aux horaires imposés. Nous sommes ouverts uniquement deux jours par semaine (vendredi et samedi) et sommes établis ici depuis plus de 10 ans, avec de nombreux emplois à la clé. » Plus d’une dizaine, nous dit-il. « Nous n’avons jamais eu de problème avec la police ou la commune. On est à plusieurs centaines de mètres de l’endroit où se trouvent les toxicomanes. On n’a rien à voir avec ça. »

« On avait déjà payé un acompte »

Dans les rangs de la police, l’interprétation de la mesure de fermeture était visiblement assez floue. « Au début, ils m’ont dit qu’ils ne savaient pas si j’étais concerné. J’ai donc ouvert vendredi dernier. Mais vers 2h la police est venue faire sortir les 120 personnes qui étaient présentes en nous disant que ça s’appliquait bien pour nous aussi. »

En plus du manque à gagner (la salle peut accueillir jusqu’à 350 personnes), Grigoryan doit aussi décommander les artistes programmés depuis plusieurs mois. « Cette semaine, un DJ français devait venir. Je viens de l’annuler. Mais on avait déjà payé un acompte. »

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Le risque est clairement identifié pour le gérant : « la faillite à court terme. »

Du côté de Saint-Josse, le cabinet du bourgmestre Emir Kir explique ne pas vouloir commencer à faire des exceptions à la mesure. « Cette ordonnance a pour objectif d’apporter plus de sécurité dans le hotspot du Quartier Nord (notamment en évitant la dispersion des forces de police la nuit). À ce stade, les retours sont positifs quant au respect de cette mesure et quant à l’amélioration de la qualité de vie des habitants également. Une évaluation quotidienne est effectuée par notre police et une, plus globale, permettant d’objectiver ces premiers retours est prévue prochainement. Nous avons bien reçu la demande du gestionnaire de la salle. Elle sera examinée mais à première vue, l’établissement se trouve bien dans le périmètre et le champ d’application de l’ordonnance. »

D’autres commerçants concernés par la mesure sont en train de finaliser un recours devant le Conseil d’État contre les ordonnances des deux communes (une pour Saint-Josse et une pour Schaerbeek).

Grigoryan prépare une procédure en référé de son côté contre la mesure : une procédure d’urgence qui peut déboucher sur une décision rapide mais provisoire.

Pour rappel, la fermeture de nuit est en vigueur pour trois mois, mais elle pourrait bien être prolongée par de nouvelles ordonnances si la mesure reçoit une évaluation favorable.