Le plan de 2022 a failli fonctionner…

29 octobre 2022. À peine remis d’une lésion des fléchisseurs de la cuisse gauche, Romelu Lukaku voit son élan stoppé par une élongation au niveau du tissu cicatriciel. Un vrai contre-la-montre débute alors pour le staff de Roberto Martinez pour qui se passer de l’avant-centre n’a jamais été une option.

« Nous étions partis du principe qu’il allait être disponible pour le dernier match de groupe avant de jouer un rôle important sur la phase à élimination directe », nous indique l’un des collaborateurs du Portugais. Vingt-neuf jours après sa rechute à la Sampdoria, Lukaku dispute les 9 dernières minutes du match face au Maroc. Avant d’entrer à la pause contre la Croatie. La suite de l’histoire est connue, mais, comme on nous le fait remarquer : « Au Qatar, nous savions que nous n’allons pas pouvoir tout de suite compter sur lui. Ce n’était certainement pas l’idéal mais la patience a failli payer : il a eu 1,6 expected goals en 45 minutes. Mais peut-être que son manque de temps de jeu a fait qu’il a manqué ces grosses occasions, il n’y a que lui qui peut le dire. »

Le timing de 2026 n’est pas celui 2022

Si l’histoire peut donner l’impression de bégayer, il faut aussi rappeler qu’elle ne repasse pas toujours les plats. Quatre ans après, le contexte diffère : neuf jours ont séparé l’entrée en lice des Diables face au Canada de leur élimination contre la Croatie.

Le rythme de cette première Coupe du monde à 48 sera tout autre : les hommes de Rudi Garcia affronteront l’Égypte le 15 juin avant d’avoir six jours pour préparer la rencontre contre l’Iran le 21 juin, puis six autres jours avant la rencontre face à la Nouvelle-Zélande avant de se projeter sur un seizième de finale le 1er ou le 3 juillet s’ils venaient à terminer premier ou deuxième de leur groupe.

Il nous avait dit qu’il serait disponible pour la partie cruciale.

Ce timing moins serré, mais aussi le pedigree des adversaires, qui ira du plus au moins redoutable sur le papier, soit le contraire d’il y a quatre ans, est de nature à préparer une montée en puissance sachant que deux amicaux, le 2 juin en Croatie et le 6 face à la Tunisie, sont aussi au programme pour boucler une préparation qui pourrait commencer plus tôt pour Lukaku.

« Avant de revenir, j’étais anéanti » : Romelu Lukaku, libéré mais pas encore totalement délivréJoue-la comme Kompany

Un cadre lancé dans une course contre la montre avant un grand tournoi ? Les Diables connaissent. Plus que les cas Axel Witsel ou Kevin De Bruyne à l’Euro 2021 qui souffraient de blessures traumatiques, la séquence rappelle celle vécue par Vincent Kompany touché aux adducteurs en préparation le 2 juin 2018 contre le Portugal et qui avait disputé le dernier quart d’heure de l’ultime match de groupe contre l’Angleterre le 28 juin avant de ne plus manquer une seule minute.

Romelu Lukaku peut-il reproduire ce schéma ? « La Belgique a assez de qualités pour passer la phase de groupe, nous fait remarquer un ancien membre du staff de l’épopée en Russie et du Mondial au Qatar. Les grands joueurs font la différence dans les matchs couperets. Un programme clair de récupération et de réathlétisation serait la meilleure solution pour Rom et il y a le luxe aussi d’avoir 5 changements par match, avec un groupe de 26 joueurs à disposition qui aide beaucoup et peut permettre à Rom d’entrer dans le tournoi quand cela comptera vraiment. Comment Vincent le disait : il y a deux parties dans une Coupe du monde : la phase de groupe et les matchs à élimination directe. Il nous avait dit qu’il serait disponible pour la partie cruciale. Il a réussi et nous avons réussi à le faire. »