Les députés Nicolas Thierry (Les Écologistes) et Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République) ont annoncé mercredi 15 avril 2026 le dépôt d’une proposition de loi transpartisane pour étendre le paquet neutre aux produits du vapotage. Telle qu’est formulée la proposition de loi, « les unités de conditionnement, les emballages extérieurs des produits du vapotage », même sans nicotine, deviendraient « neutres et uniformisés », à la manière des paquets de cigarettes depuis 2017.
Pour Nicolas Thierry, déjà à l’initiative d’une proposition de loi pour interdire le tabac à toute personne née après 2014, « il faut retirer à ces produits ce qui alimente leur diffusion auprès des mineurs », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Le député vise en particulier certains « codes marketing », comme des cigarettes électroniques ou des flacons de liquides aux « couleurs vives » ou à « l’univers inspiré de la confiserie ».
Lutter « contre l’entrée des jeunes dans l’addiction »
Également à l’initiative de la proposition de loi, Pierre Cazeneuve, député du groupe macroniste Ensemble pour la République, s’était illustré lors du vote du budget 2026 en s’opposant aux taxes sur les produits de vapotage. Certes, le député se montre reconnaissant envers « la cigarette électronique », qui lui a permis de « sortir de la cigarette traditionnelle ». Mais il estime « qu’il faut lutter de toutes nos forces contre l’entrée des jeunes dans l’addiction à travers ces produits ultra-marketés. »
Les deux députés espèrent que leur mesure fera consensus dans d’autres partis pour tenter de l’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale en juin. Ils renvoient à un éventuel décret les modalités précises par lesquelles la neutralité sera mise en place, mais espèrent qu’elle s’appliquera « au-delà des emballages », jusqu’aux cigarettes électroniques elles-mêmes.
La mesure est soutenue par le Comité national contre le tabagisme et l’association Contre-feu (ex-Alliance contre le tabac), qui soutient que des mesures similaires ont été adoptées en Israël et dans certains pays nordiques.
Une précédente proposition de loi transpartisane, portée par l’ex-députée écologiste Francesca Pasquini, avait abouti en 2025 à l’interdiction des puffs, les cigarettes électroniques jetables, déjà dans l’espoir de réduire la consommation des jeunes. Ses effets ont été très mitigés, notamment car les fabricants ont équipé les puffs de batteries rechargeables afin d’échapper à l’interdiction.
5,8 % des Français de 16 ans vapotaient quotidiennement en 2024, selon l’enquête européenne ESPAD, et 3,1 % fumaient, contre 16 % dix ans auparavant. Selon l’Anses, l’usage de la cigarette électronique, quoique moins nocive que le tabac, a des « effets probables » au niveau cardiovasculaire.