L’idée d’un by-pass entre la N523 et la N57, pour éviter Mauvinage et en passant derrière le commissariat de police, a été adoptée. « La réflexion maintenant est la suivante : où faut-il faire commencer le by-pass ? Nous avons demandé un peu de temps pour une concertation » nous disait la bourgmestre de Silly, Violaine Herbaux, ce récent vendredi. Pour le ministre Desquesnes, il ne restait finalement que deux options sur la table, parmi les cinq propositions initiales. Mais ce n’est peut-être pas aussi « simple » que cela, même si un projet peut presque être écarté à coup sûr en raison de son coût estimé (22 millions €, hors expropriations). Le ministre, en novembre dernier, évoquait une enveloppe d’un peu moins de quinze millions €.

Dans certaines options, le « by-pass » (et la nouvelle route) s’écarte de la N523 peu avant la rue Haute, à Gondregnies. ©EDA
Voici un bref descriptif des cinq tracés encore sur la table pour le by-pass, depuis un point situé entre Gages et Gondregnies (sur la N523). Dans les cinq cas, le by-pass rejoint la N57 à la hauteur du chemin de Silly, sur le territoire de Gibecq (Ath).
1. Le by-pass minimal
La nouvelle route rejoint la N523 peu avant la limite Brugelette-Silly et en épouse le tracé à la hauteur de Gondregnies, avant de s’en écarter (vers le nord) juste avant la rue Haute depuis laquelle une « liaison » directe est réalisée avec la N523 vers Mauvinage. D’une longueur de 1600 mètres, le tronçon impacterait 29.600 mètres carrés ; parcelles agricoles avec expropriation : 22 (14 longées, 8 traversées). Pas d’ouvrage d’art. N523 remise à neuf : 1850m (et rétrocédée : 1150m). Expropriations : 31.500 mètres carrés. Prix (hors expropriations) : 4,7 millions €.
2. Un prix plus élevé
La nouvelle route rejoint la N523 peu avant la limite Brugelette-Silly (comme 1) et elle en épouse le tracé à la hauteur de Gondregnies, avant de s’en écarter (vers le nord) juste avant la rue Haute depuis laquelle une « liaison » directe est réalisée avec la N523 vers Mauvinage. D’une longueur de 1600 mètres, le tronçon impacterait 29.600 mètres carrés ; parcelles agricoles avec expropriation : 22 (14 longées, 8 traversées). Un ouvrage d’art est projeté au-dessus de la N523, entre la rue du Brisqué et la rue de Mévergnies ; celle-ci est réhabilitée jusqu’au chemin de l’Arcamp. N523 remise à neuf : 1850m (et rétrocédée : 1150m). Expropriations : 31.500 mètres carrés. Prix (hors expropriations) : 9,5 millions €.
3. La solution médiane ?
La nouvelle route rejoint la N523 peu avant la limite Brugelette-Silly (comme 1 et 2) et elle en épouse le tracé jusqu’à un point situé juste avant le chemin du Brisqué. De là, le tracé file en site propre vers la N57, toujours via le bout du chemin de Silly (Gibecq). D’une longueur de 2670m, le tronçon impacterait 47.000 mètres carrés ; parcelles agricoles avec expropriation : 40 (25 longées, 15 traversées). Pas d’ouvrage d’art. N523 remise à neuf : 600m (et rétrocédée : 2400m). Expropriations : 51.780 mètres carrés. Prix (hors expropriations) : 6,68 millions €.
4. N’empêche pas le morcellement agricole
La nouvelle route rejoint la N523 peu avant la limite Brugelette-Silly (comme 1, 2 et 3) et elle en épouse le tracé jusqu’à un point situé juste avant le chemin du Brisqué. De là, le tracé file en site propre vers la N57 selon le même canevas. Mais la nouvelle route longe assez étroitement la N523, globalement à la hauteur du village de Gondregnies, avant de s’en écarter comme pour les scénarios 1 et 2, peu avant la rue Haute. Un accès aux champs (face à la rue du Curé Voordeckers) devrait être sacrifié. D’une longueur de 2820m, le tronçon impacterait 49.800 mètres carrés ; parcelles agricoles avec expropriation : 37 (18 longées et 19 traversées). Pas d’ouvrage d’art. N523 remise à neuf : 600m (et rétrocédée : 2400m). Expropriations : 63.840 mètres carrés. Prix (hors expropriations) : 6,9 millions €.
5. Un by-pass maximal (et coûteux)
La nouvelle route rejoint la N523 peu avant la limite Brugelette-Silly, mais elle n’en épouse pas le tracé. Elle coupe la N523 à la faveur d’un ouvrage d’art avant de longer la même N523 en site propre et de façon assez proche comme dans la proposition n°4. Un autre ouvrage d’art est construit au-dessus de la rue de Mévergnies. D’une longueur de 3.360 mètres, le tronçon impacterait 62.160 mètres carrés ; parcelles agricoles avec expropriations : 50 (18 longées et 32 traversées). Deux ouvrages d’art. N523 remise à neuf : 0m (et rétrocédée : 3000m). Expropriations : 81.040 mètres carrés. C’est le scénario qui évite au mieux les risques de circulation parasite dans les villages. Prix (hors expropriations) : 22,1 millions €.

Dans certaines options, le « by-pass » (nouvelle route) s’écarte de la N523 peu avant (ou même bien avant) le carrefour avec le chemin du Brisqué et de Mévergnies. ©EDADes objectifs atteints… ou un peu moins
Les cinq scénarios sur la table répondent tous à trois objectifs importants : concentrer tous les flux venant du nord sur les routes régionales ; ne plus avoir de trafic de transit dans les villages ; permettre une circulation fluide sur une route régionale depuis le parc vers le nord.
Trois critères ne sont pas forcément toujours remplis : limiter l’emprise sur les terres agricoles (plus favorable pour 1 et 2) ; limiter le morcellement des exploitations agricoles en préservant les accès à celles-ci (plus favorable pour 1, 2 et 3) ; prévoir des mesures de protection du trafic parasite dans les villages (plus favorable pour l’option 5).
Les propositions 1 et 2 réduisent au maximum les impacts sur les terres agricoles. Les cinq projets permettent d’assurer la « perméabilité existante locale » pour les riverains. Deux projets (2 et 5) semblent échapper aux « réalités budgétaires » de la Région, notamment suite au coût d’ouvrages d’art.
Les mandataires silliens doivent maintenant prendre le pouls autour d’eux, et singulièrement dans les milieux agricoles, tout en ayant évidemment une (grande) attention pour les riverains.