« C’est de loin le meilleur souvenir de ma carrière. Il y a moins de deux ans. Pourtant, ce jour me semble déjà si lointain. »

Le 1er août 2024, un jour mémorable pour Gaby Willems et Cédric Taymans. ©BELGA
La sociétaire du JC Andrimont, devenu « royal » en début d’année, se souvient évidemment de chaque moment qui a jalonné l’approche de ces JO et de la course contre la montre qui l’y a menée, d’autant qu’avant de se blesser une deuxième fois au genou, elle avait déjà subi une opération à l’épaule !
« C’était en février, après Tel Aviv, où j’avais décroché le bronze avec une épaule luxée. Mais, mentalement, ce ne fut rien au regard de la dépression dans laquelle je suis tombée après la deuxième intervention à mon genou droit. J’avais dit : plus jamais. Je ne me doutais pas qu’il y en aurait une troisième. »
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« Une allogreffe avec le tendon d’une personne décédée. »
Ce fut en février, donc… Une semaine après le choc, la judokate a été opérée à Anvers par le docteur Declercq. « Contrairement aux deux premières opérations, où on m’avait prélevé une partie de tendon, j’ai cette fois subi une allogreffe avec le tendon d’une personne décédée. C’est une intervention moins invasive, moins douloureuse, dont on se rétablit plus vite, même si le temps de cicatrisation du ligament est toujours de six mois. »
Judo : Catastrophe pour Gaby Willems !
Après deux mois, il est encore trop tôt pour fixer une date de retour à la compétition et même à l’entraînement. « Pour le moment, je me sens super bien, tant sur le plan physique que mental. J’ose dire que je l’ai mieux pris que précédemment, parce que je suis bien entourée et que je m’estime chanceuse dans la vie. »
Il est vrai qu’en début d’année, le 17 janvier, Gaby a épousé le judoka italien Christian Parlati, l’amour de sa vie. « Ce fut une belle cérémonie, dans la région de Naples où nous vivons. Il y avait pas mal de monde, la famille, les amis venus de Belgique, de l’école et du judo. Nous ne pouvions rêver mieux. »
Le comble est que Christian s’est également blessé et n’a encore pris part à aucune compétition cette saison. « La dernière date de décembre, en la Ligue des Champions. Il est encore parti en stage au Japon mais, à son retour, il s’est également occasionné une rupture d’un tendon au genou et une déchirure à l’ischio ! Nous sommes tous les deux actuellement en revalidation. »
C’est donc à Naples que Gaby est soignée au rythme d’une séance de kiné tous les deux jours. « Je ne veux pas forcer. Après ma deuxième opération, j’ai commis cette erreur et, finalement, j’ai mis plus de temps que prévu pour revenir. Il est vrai que je ne voulais pas manquer les Jeux de Paris après ceux de Tokyo. »
Rendez-vous à Los Angeles
On connaît la suite avec cette médaille de bronze inattendue, mais amplement méritée après un parcours rondement mené avec, à ses côtés, Cédric Taymans et, aux premières loges, ses familles belge et italienne. Cette expérience, Gabriella Willems brûle d’envie de la revivre en 2028, à Los Angeles. « Si tout va bien, ce seront mes derniers Jeux, mais peut-être pas ma dernière compétition. »
En attendant, elle travaille d’arrache-pied, que ce soit au centre ou au club. « J’ai mes séances de kiné au centre et de muscu au club. Il est important de bien accomplir tous les exercices prévus. Je suivrai bien sûr l’Euro. Les Belges et les Italiens, un peu ma catégorie, même si ce n’est pas absolument nécessaire pour le moment. »
En contact régulier avec Damien Bomboir, le DT francophone, Gaby recevra prochainement la visite de Pedro Guedes, le nouveau coach, pour un point sur sa situation. Mais la Liégeoise manque au judo belge, dont Matthias Casse ne peut être le seul porte-drapeau.
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