Corinne est fonctionnaire. Elle a tenu grâce à un collègue qui avait lui-même traversé du harcèlement moral et lui a soufflé quelques conseils au bon moment. Mais la solution qu’elle attendait — le déplacement de sa harceleuse — n’est jamais venue.

C’est elle qui a été mutée. “Elle triomphait, et cela s’est propagé dans mon nouveau poste. Je dérangeais partout.” Le retour au travail, présenté comme une solution, n’avait rien réglé à la source du problème.

Dépression, arrêt longue durée puis retour au travail… Jeanne raconte : “Je suis littéralement tombée, physiquement et psychologiquement”Dans ce moment de fragilité extrême, pourquoi les malades qui reviennent ne sont-ils pas les bienvenus ?

Cette trajectoires illustre ce que les statistiques peinent à saisir : le retour au travail après une longue absence n’est pas une formalité. C’est un moment de fragilité extrême, où les conditions d’accueil, la qualité du dialogue avec les managers et la clarté des rôles peuvent faire basculer une reprise réussie en rechute évitable.

Pascale Opdebeeck, qui pilote l’ASBL Rebond — une organisation qui accompagne collectivement des malades longue durée dans leur reprise — le constate chaque semaine : “Quand on a été malade longue durée, il y a un avant et un après. Des malades en rémission vivent avec leurs maux devenus chroniques, des maux invisibles parfois, qui vont et viennent. Les malades qui retournent ne sont souvent pas les bienvenus. L’employeur part du principe que quelqu’un qui a été malade a moins de valeur, alors que c’est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.”

« Plus de la moitié des malades de longue durée apte à travailler »: c’est ce qu’affirme ce rapport belge et resté secret, qui va faire débat…

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