La réforme du chômage soulève de nouveaux problèmes : un employeur sur deux hésite à recruter des chômeurs de longue durée, « cela joue contre eux… »

Sans surprise, la sortie vers un emploi salarié est plus élevée dans le cas des sorties naturelles (16.529) que dans celui des sorties dues à la fin du droit (1.884, soit 11% dans cette catégorie).

« Selon les données actuellement disponibles, 28,2% de l’ensemble des sorties en janvier ont ainsi conduit à un emploi salarié », selon l’Onem.

« Une part importante des personnes exclues en janvier correspond à celles cumulant 20 ans ou plus de chômage », rappelle le ministre de l’Emploi David Clarinval. « Ces personnes, après parfois des décennies sans emploi, retrouvent le chemin de l’emploi, un environnement professionnel, un revenu, et recommencent à contribuer à la sécurité sociale. Même si cette évolution reste encore limitée en valeur absolue, ce signal est particulièrement significatif, d’autant plus qu’il concerne un public pour lequel une telle dynamique était la moins attendue. »

Quatre chômeurs sur dix en revenu d’intégration

Une proportion importante (38,2%) des personnes sorties en janvier ont intégré le régime du revenu d’intégration. L’Onem relève encore qu’un groupe très restreint de personnes atteignant la fin de leur droit bascule vers le régime maladie.

Par contre, le nombre de reconnaissances de handicap ouvrant le droit à une allocation d’intégration ou à une allocation de remplacement de revenus présente une évolution nettement à la hausse. « Cela semble indiquer que les personnes concernées souffrent d’une affection sous-jacente, pour laquelle, durant la période d’indemnisation à durée illimitée, il n’y avait ni nécessité ni incitation à en demander la reconnaissance », avance l’Onem. « Maintenant que l’allocation prend fin ou risque de prendre fin, elles se mettent à rechercher les droits dont elles peuvent encore bénéficier. »

Ces résultats provisoires, insiste l’Onem, « montrent des similitudes claires avec les effets observés après la réforme des allocations d’insertion en 2012 », à savoir « une augmentation des sorties vers l’emploi, mais aussi un nombre très élevé de transferts vers d’autres dispositifs du filet de sécurité sociale, notamment l’assurance maladie et le revenu d’intégration ».

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Selon l’Office de l’Emploi, les perspectives de retour à l’emploi devraient être plus favorables à moyen terme, la population concernée par la première vague de fins de droit étant structurellement la plus éloignée du marché du travail.

Le ministre Clarinval souligne aussi la précocité du rapport. « Il s’agit d’un premier exercice de monitoring, et non d’une évaluation complète, basé sur des données encore partielles et provisoires. Ce document ne reflète pas l’ensemble des ajustements comportementaux ni l’évolution du contexte économique général. »

M. Clarinval n’était pas le seul à se réjouir de ces premiers résultats. Pour le CEO de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), ces données prouvent « que la réforme était nécessaire pour insuffler une nouvelle dynamique au marché de l’emploi et que les efforts engagés portent déjà leurs fruits », selon Pieter Timmermans.

« En janvier, 3,8% des chômeurs de très longue durée exclus du chômage ont retrouvé un emploi, contre seulement 1,8% à la même période de l’année précédente. Cette avancée, pour un public historiquement éloigné du marché du travail, témoigne de l’importance de la réforme et marque une rupture encourageante avec le passé », relève encore la fédération patronale.

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