Le principe était simple, à savoir : provoquer une entaille contrôlée dans l’écorce pour déclencher l’écoulement de la résine. L’arbre n’en souffrait pas et continuait à vivre, à produire, à se régénérer. Pendant plusieurs années, il offrait cette sève précieuse avant d’être, dans un second temps, exploité pour son bois.

Cette double vie du pin dessinait déjà une forme d’économie en cascade, de réflexion environnementale. Rien n’était figé, tout était cycle. Une logique que l’on redécouvre aujourd’hui sous le nom d’économie circulaire, mais qui relevait à cette époque du simple bon sens forestier. 

La résine, une fois récoltée, ne quittait jamais vraiment le territoire. Comme le raconte Marc Larcher, ancien gemmeur, « avec un récipient que l’on vidait dans une barrique et le tout était amené en charrette, jusqu’à l’usine de distillation ».

Les distilleries étaient implantées directement au cœur de la forêt landaise. La transformation s’effectuait sur place, évitant ainsi tout transport inutile. La résine donnait naissance à deux produits principaux : la térébenthine et la colophane, utilisés dans une multitude d’industries, des peintures aux vernis, en passant par les colles, les encres ou la pharmacie.

Le circuit était court, simple : une économie locale où la matière première ne s’éloignait jamais de ses racines.