Dans quelques heures, Danse avec les stars consacrera une nouvelle célébrité à l’issue de longues semaines de répétitions. Un an après la victoire de Lénie, TF1 diffuse ce vendredi 17 avril 2026 la finale de la quinzième saison de son concours de danse. En coulisses, derrière les paillettes et les décors de ce spectacle millimétré se cache une production qui tente de s’engager en faveur de l’environnement.
Dès l’entrée dans le Studio 128, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), certains détails retiennent l’attention, de la cantine aux salles de maquillage, en passant par les couloirs, où sont amassés les décors qui seront mis en place le soir même. Utilisation d’ecocup et de gourdes au détriment de gobelets en plastique, collations en libre-service, sans emballage individuel, disques démaquillants réutilisables, bacs de récupération de piles électriques, de mégots de cigarette et même de mèches de cheveux pour être recyclés… Tout y passe.
Depuis 2024, l’émission bénéficie du label Écoprod, une certification basée sur 85 critères attestant de son éco-responsabilité. « L’objectif est d’atteindre 30 % de réduction des émissions carbones pour le groupe, explique Émilie Demanche, responsable éco-production du groupe TF1. Ça passe essentiellement par l’éco-production des contenus. »
20 % de réduction en deux ans
En 2025, en France, plus de 120 productions étaient labellisées, petit et grand écrans confondus. Parmi elles, des séries comme Camping paradis (TF1) ou Un si grand soleil ( France 3 ), des divertissements tels que 100 % Logique ( France 2 ) ou Top chef ( M6 ) ou encore des magazines, à l’image de C à vous ( France 5 ) ou du 28 minutes ( Arte ).
« Au début, le principal frein peut être l’aspect financier. Il faut former les gens, payer pour ces formations, changer les systèmes d’énergie, privilégier le train à l’avion, donc avoir des trajets plus longs, privilégier le bio… Mais au fur et à mesure, on s’aperçoit vite qu’en étant plus responsable, en allant vers la sobriété, ça ne coûte pas beaucoup plus cher », détaille la représentante.
Aujourd’hui, l’émission est parvenue à réduire son empreinte carbone de 20 %. « Ce n’est pas coercitif, on est dans une démarche bienveillante, on est bien conscient que c’est une conduite de changement qui va prendre du temps », ajoute Émilie Demanche. Pour continuer d’obtenir ce titre d’excellence – remis en jeu chaque année – et, surtout, de lutter en faveur de la décarbonation de productions souvent très énergivores, chaque geste compte.
Dans la régie, les camions tournent à l’AdBlue, un carburant moins polluant, et les groupes électrogènes fonctionnent au HVO100, un biocarburant d’origine 100 % renouvelable. Côté costumes, les morceaux de tissus sont conservés, et certaines tenues sont retravaillées depuis le lancement de l’émission il y a quinze ans.
Alors que les danseurs et leur partenaire répètent et que les dernières modifications sont apportées à leur chorégraphie, à proximité du parquet, des loges et de l’atelier de costumes, rien n’est laissé au hasard. Les affiches sont nombreuses, précises. « Éteignez les lumières inutiles », « débranchez les chargeurs inutiles » « ne pas laisser de portes ouvertes si climatisation ou chauffage en marche »… Car être écologiquement responsable passe aussi par la sensibilisation.
Un sourire sur le visage et une bonne humeur à toute épreuve, Chris Marques fait son entrée sur le parquet. Comme tous les danseurs, artistes et célébrités de l’émission, une clause d’éco-responsabilité figure dans son contrat. « On garde les mêmes ambitions artistiques et créatives, tout en étant conscient de moins gaspiller et d’avoir moins d’impact environnemental. La réalité, c’est qu’on a réussi, sans avoir trop de contraintes, à s’adapter et même améliorer notre quotidien en termes de production, s’enthousiasme le redoutable membre du jury. C’est hyper important comme message. »
« Le prochain sujet d’exploration, c’est l’utilisation de l’IA »
« Même sur le plateau, les décors physiques sont surtout récupérés, glisse Vincent Pellerin, coordinateur Écoprod de l’émission. On travaille avec un partenaire qui réutilise les éléments. Il y a très peu de production pure pour un prime. » Malgré tout, les équipes aux manettes de Danse avec les stars restent conscientes que le changement prend du temps, et que la réticence face à une modification en profondeur du secteur est bien réelle.
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Face à l’écran lumineux du décor, où sont projetées les animations visuelles du soir, Vincent Pellerin ajoute : « Le prochain gros sujet d’exploration, c’est l’utilisation de l’intelligence artificielle. C’est nouveau, donc on va avoir des discussions là-dessus. » D’autres points d’amélioration persistent également, notamment sur une partie des studios encore vétuste qui passe facilement du chaud au froid.
Mais TF1 compte bien continuer sur sa lancée. « Maintenant, on demande à toutes nos fictions d’être labellisées, précise Émilie Demanche. L’année prochaine, ce sera à tous nos programmes de flux d’être écoproduits. À long terme, l’objectif, c’est d’éco-produire tous nos contenus à horizon 2030, tous genres confondus. »
TF1, 21 h 10.