Comme nous l’a appris notre journaliste Frédéric Chardon, le Montois a d’ailleurs appelé ses ministres en bureau de parti « à faire monter la pression dans les diverses majorités afin que davantage soit fait, plus rapidement et de façon plus visible, pour le porte-monnaie des citoyens ». Et il n’a pas fait que dicter la marche à suivre à ses troupes, il leur a également proposé une démonstration. Au micro de Bel RTL, le président du MR s’en est donné à cœur joie. Le clou (encore !) du spectacle ? Sa menace de bloquer le gouvernement si aucune mesure n’était prise, ce vendredi 17 avril, face à la hausse des prix de l’énergie.
Le kern, au cours duquel lesdites actions doivent être discutées, se tient en ce moment. Mais son issue reste très incertaine, le Premier ministre ne s’étant pas montré très emballé face au chantage du tonitruant libéral. « Il n’y a pas d’argent », a tancé Bart De Wever, ce mercredi à son arrivée à la Chambre. Pour le nationaliste flamand, il serait plus judicieux de diminuer la consommation d’énergie, plutôt que de la stimuler avec des aides: « En distribuant des chèques, les pouvoirs publics jetteraient de l’huile sur le feu, c’est ma conviction. » Il a également envoyé une petite pique au Montois en appelant à privilégier les décisions à la communication. Prudence M. le Premier ministre, n’oubliez pas que Georges-Louis Bouchez dispose d’un marteau et qu’il semble bien déterminé à s’en servir.

Georges-Louis Bouchez (MR) et Bart De Wever (N-VA) à la Chambre. ©DLE2) L’opposition veut la tête de Theo Francken
Un appel à la démission, cela faisait longtemps ! Cette fois, c’est le ministre de la Défense, Theo Francken, qui a été pris à partie par l’opposition. La raison ? Un reportage de l’émission Pano de la VRT qui a mis en cause son plan de lutte contre l’intrusion de drones à 50 millions d’euros. En gros, il lui était reproché d’avoir utilisé des moyens peu conventionnels pour sélectionner les entreprises qui fourniraient le matériel nécessaire pour intercepter et neutraliser les drones: pas de marché public mais une procédure négociée. Et, qui plus est, la VRT rapporte que le patron d’une des sociétés choisies pour fournir les équipements serait une connaissance du nationaliste flamand. Vous en voulez encore ? Bande de gourmands ! On a également appris lors de la diffusion que le ministre était à l’origine de la fuite dans la presse d’une photo d’un soi-disant drone ennemi qui s’était avéré être un… hélicoptère de la police. Rien à voir, donc, mais le cliché avait créé l’émoi pendant quelques heures.
Vous avez votre compte ? Les députés de l’opposition aussi ! La coupe était pleine et ils l’ont fait savoir à la Chambre, ce jeudi 16 avril. « Cette affaire est vraiment louche et sent le népotisme à plein nez », a fustigé Staf Aerts, élu Groen et président de la commission des achats et des ventes militaires. « Francken a refusé de coopérer avec l’équipe de Pano, alors qu’il est par ailleurs omniprésent dans la presse. C’est révélateur. » Evidemment, le PTB a embrayé, soulignant que des ministres avaient dû démissionner « pour moins que ça ». Ce qui n’est toutefois pas du tout à l’ordre du jour pour le nationaliste flamand, qui s’est défendu face aux attaques. « Prétendre que c’est de la politique des petits amis ou même de la corruption, c’est d’un niveau particulièrement bas et totalement infondé », a-t-il répliqué. S’il a balayé toutes les accusations, il a tout de même admis deux choses: oui, il a bien envoyé les images non classifiées (en pensant alors qu’il s’agissait d’un drone) et oui, il a eu des contacts avec ledit patron mais en janvier 2025 quand il n’était encore que chercheur dans un institut flamand (et M. Francken pas encore ministre). Face à ces explications, certains députés ont continué à crier au scandale. « Clientélisme », « panique »… Ils n’avaient pas de mots assez forts pour tancer le nationaliste flamand, qui a fini par contre-attaquer, fustigeant l’affront qui a été fait à « des milliers de militaires qui servent chaque jour avec intégrité ».
3) Boris Dilliès crée la surprise dans le cadre de l’élection au MR bruxellois
Vous êtes-vous déjà installé devant un match de football dont l’issue est connue et où rien ne se passe ? Ceux d’entre vous qui ont regardé le choc entre Arsenal et le Sporting en Ligue des Champions ont expérimenté cet ennui profond que l’on peut ressentir dans de telles situations. Et on s’attendait à se retrouver dans cette même configuration pour l’élection du nouveau président du MR bruxellois. Au moment de découvrir les trois candidats en lice (David Weytsman, Geoffroy Coomans de Brachène et Yvan Kerekes), il se disait déjà que le premier – soutenu en coulisses par Georges-Louis Bouchez – partait largement favori.
Mais, à présent, les cartes semblent avoir été rebattues. En cause ? Une vidéo d’une minute dans laquelle le ministre-président bruxellois, Boris Dilliès, annonce son soutien à Geoffroy Coomans de Brachène et invite les militants à « faire confiance à cet homme extrêmement droit et loyal ». Pour beaucoup, c’est la surprise. « Il peut paraître étonnant, de prime abord, de voir Boris Dilliès, désigné par Georges-Louis Bouchez à la tête de la Région bruxelloise, s’opposer au candidat soutenu par son président national pour diriger le MR Bruxelles », admet notre journaliste Adrien de Marneffe. Mais, comme il le rappelle, l’ancien bourgmestre d’Uccle avait lui-même envisagé de se présenter au poste autrefois occupé par David Leisterh. Et c’est le leader libéral qui l’en a dissuadé.
Reste à voir si ce soutien du ministre-président bruxellois, qui s’ajoute à celui de députés comme Amélie Pans et Aurélie Czekalski, fera pencher la balance. A l’heure actuelle, David Weytsman reste favori, mais le match s’annonce très serré. De là à assister à une remontada ? Geoffroy Coomans de Brachène peut-il rêver à un scénario digne du match Barça-PSG de 2017 ? Réponse dans une semaine.