l’essentiel
Avec 61 portraits, Daphné Walmé célèbre les visages et les métiers du centre-ville de Castres, rappelant la force humaine qui anime chaque boutique. La photographe raconte les coulisses de l’exposition, qui débute ce vendredi 17 avril, au cinéma.

C’est la force des photographes. Il leur suffit d’un regard pour raconter bien plus. En l’occurrence, tout un centre-ville, pour celui de Daphné Walmé.

Derrière son appareil photo, installée place Pélisson à Castres, la professionnelle a choisi de mettre en lumière celles et ceux que l’on croise chaque jour : les commerçants du centre-ville. Résultat : une série de 61 portraits qui prendra place du 17 avril au 18 mai au cinéma CGR, dans le cadre de l’exposition Visages de nos boutiques. Une galerie de visages, de métiers et de personnalités qui dit beaucoup du lien si particulier entre commerce de proximité et vie locale.

« On sent chez eux une vraie fierté du métier »

L’idée est née d’une intuition simple. Installée depuis trois ans dans son studio du centre historique, la photographe voulait aller à la rencontre des boutiques voisines, de ces femmes et de ces hommes qui font battre le pouls du centre-ville : « Le cœur de la ville, c’est ici. Je voulais être près des gens », confie-t-elle.

Très vite, le projet dépasse le cadre du studio. Une vingtaine de portraits accrochés aux murs n’aurait pas suffi à donner toute son ampleur à l’initiative. Le cinéma CGR, partenaire de la photographe, s’est alors imposé comme un écrin naturel. Avec le soutien de l’association Cœur de Castres, le projet prend une autre dimension : non plus vingt visages, mais soixante et un !

Exposition au cinéma du 17 avril au 18 mai

Dans chaque cliché, Daphné Walmé a cherché davantage qu’une posture soignée. Chaque image devait traduire un métier, une passion, parfois même une manière d’être. « Ce sont des gens passionnés, experts dans leur domaine. On sent chez eux une vraie fierté du métier », souligne la photographe, qui a tenu à mêler dans cette série les figures historiques du commerce castrais et les nouveaux visages venus tenter l’aventure en centre-ville.

Tous les commerçants ont été photographiés au studio. Un choix assumé, presque symbolique. En venant poser, chacun franchit la porte du lieu, accepte le face-à-face avec l’objectif et, surtout, prend le temps d’un échange. Pour Daphné Walmé, l’image n’est qu’une partie de l’histoire : « Souvent, je dis que la photo est un prétexte. Ce qui compte, c’est le moment vécu », résume-t-elle. Une phrase qui donne toute la tonalité de l’exposition. Derrière chaque portrait, il y a une rencontre, une confidence, parfois une hésitation vite dissipée chez ceux qui se disent « pas photogéniques ».

« La richesse des commerçants du centre-ville, c’est l’humain : la rencontre, le partage. »

À l’heure où le commerce se dématérialise et où les achats se font en quelques clics, cette exposition rappelle ce qui fait la richesse de l’écusson : « La richesse des commerçants du centre-ville, c’est l’humain : la rencontre, le partage. »

Au CGR, les visiteurs découvriront ainsi bien plus qu’une succession de portraits. Ils retrouveront des visages familiers, des regards croisés au détour d’une rue, et peut-être une nouvelle raison de pousser la porte des commerces du centre. À travers son objectif sensible, Daphné Walmé signe ici une déclaration d’amour à Castres et à ceux qui lui donnent son âme, chaque jour, derrière une vitrine.