Stéphanie Brand, pour le ministère public, a souligné le caractère inadmissible de faits graves et récurrents. « Je comprends qu’à votre âge, c’est une situation difficile qui vous est imposée, mais cela ne peut en aucun cas justifier le traitement que vous avez appliqué à un jeune vulnérable le privant de ses besoins primaires comme se nourrir, dormir ou manger, mais aussi de ses besoins secondaires en le harcelant moralement, le privant de repos et de chauffage ou d’un minimum de distraction. Vous avez agi comme une maman qui ne changerait pas les couches de son bébé. Une grand-mère ne peut pas faire cela à son petit-fils retardé mental. »
Stéphanie Brand a requis huit mois de prison avec un sursis probatoire incluant une formation Praxis qui prend en charge les auteurs des violences conjugales ou intrafamiliales. « Il faut apaiser la situation. Malheureusement, il n’y en a plus de formation Praxis pour les femmes en province de Luxembourg », regrette-t-elle.
« Elle était excédée et a mal pris la chose »
Me Raphaël Henin défend la septuagénaire.
« Ma cliente a accepté de le prendre en charge d’une manière provisoire qui s’est éternisée et qui est devenue définitive. Elle a mal pris la chose et est devenue irascible par rapport à une situation qui lui semblait impossible en fonction de son âge et le peu de secours qu’elle pouvait trouver auprès de son mari, en grande difficulté pour marcher. Elle était également excédée par les méchancetés de la victime à son égard. Dernièrement, il se réjouissait encore « de la traîner devant le tribunal et de la ruiner ». »
Par ailleurs, Me Henin fait remarquer qu’un lien affectif demeure malgré tout entre les deux protagonistes. Le petit-fils a demandé aux enquêteurs de punir sa mamie en espérant qu’elle change « mais pas trop fort et surtout pas l’envoyer en prison ».